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Gaza: 3è jour de bombardements israéliens, les pertes civiles grimpent

10/07/2014 07:08 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

L'offensive aérienne israélienne contre le Hamas palestinien, pour stopper le feu nourri de roquettes de Gaza, fait un nombre croissant de pertes civiles alors que le Conseil de sécurité se réunit en urgence jeudi pour tenter d'enrayer l'escalade.

Au troisième jour de l'offensive lancée par Israël contre la bande de Gaza, dans laquelle plus de 80 Palestiniens ont été tués, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a écarté tout cessez-le-feu dans l'immédiat.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une énième frappe meurtrière a tué 9 Palestiniens qui regardaient la demi-finale de la Coupe du Monde entre l'Argentine et les Pays-Bas dans un café de Khan Younès, selon les services d'urgences.

Toujours à Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne, quatre femmes et quatre enfants ont péri dans deux maisons bombardées. Un cinquième mineur a trouvé la mort lors d'un raid à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza.

Ce nouveau cycle de violences est le plus grave depuis l'opération "Pilier de Défense" (novembre 2012), dont l'objectif était aussi de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza.

Il a été enclenché après le rapt le 12 juin puis le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie, attribué par Israël au Hamas, suivi de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem par des extrémistes de droite juifs.

Selon l'ONG DCI-Palestine, qui se consacre à la défense des enfants, 14 mineurs ont été tués mardi et mercredi à Gaza.

Un porte-parole militaire israélien, Arié Shalicar, a qualifié de "tragédie" un autre bombardement qui avait fait huit morts mardi à Khan Younès, dont un enfant de 8 ans et deux adolescents, en assurant que l'armée, qui dit avoir cherché à éliminer un chef paramilitaire, avait auparavant donné un ordre d'évacuation aux habitants.

"Lancer un avertissement n'absout pas la partie attaquante de ne cibler que des objectifs militaires ou de s'abstenir de toute attaque si les pertes civiles anticipées sont disproportionnés", a estimé Human Rights Watch (HRW).

- 'L'attaque va continuer' -

Trente et une personnes ont été tuées jeudi, selon des sources médicales palestiniennes, dans les raids de l'armée israélienne qui a pilonné 60 cibles à Gaza portant à plus de 800 le nombre de ses raids depuis le déclenchement de l'opération "Protective Edge" ("Bordure de protection") lundi à minuit.

Selon Haaretz, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu tout cessez-le-feu avec le Hamas.

"Nous ne parlons avec personne en ce moment de cessez-le-feu, ce n'est pas à l'ordre du jour", a déclaré M. Netanyahu, cité par le quotidien.

"Les résultats de +Tsahal+ (l'armée israélienne) sont pour l'instant significatifs et nous allons continuer d'attaquer le Hamas et les autres organisations terroristes", s'est félicité le ministre de la Défense Moshé Yaalon.

L'opération aérienne israélienne, qui a vidé les rues de Gaza, n'a toutefois pas réussi à faire cesser les salves de roquettes des combattants du Hamas et du Jihad islamique, tous deux bien armés et équipés de roquettes à longue portée.

Au moins 84 engins se sont abattus depuis minuit en Israël et 12 autres ont été interceptés par les batteries de défense anti-aérienne. Au total, plus de 220 projectiles ont atteint le territoire israélien depuis le début des hostilités.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, a revendiqué des tirs de roquettes contre Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa, à 160 km au nord, et le site nucléaire de Dimona, au sud.

Ces tirs n'ont pas fait de victimes, mais des dizaines d'Israéliens ont été commotionnés.

Selon Firas Abi Ali, expert à l'institut IHS Country Risk, le Hamas est "engagé dans une escalade qui vise à pousser Israël vers une offensive terrestre".

- 'Gaza sur le fil du rasoir' -

Un dirigeant de l'Organisation de libération de Palestine (OLP), Moustapha Barghouthi, a exhorté la communauté internationale à "intervenir pour réfréner l'armée israélienne".

Face à "l'agression israélienne", les Palestiniens et les pays arabes ont réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation à Gaza.

"Gaza est sur le fil du rasoir", a averti le secrétaire général Ban Ki-moon en évoquant le risque que la situation "échappe à tout contrôle". Il a invité Benjamin Netanyahu à faire preuve "du maximum de retenue" et a dénoncé "les pertes civiles croissantes à Gaza", sans toutefois condamner directement les raids israéliens.

M. Netayahu a d'ailleurs reçu le soutien des dirigeants américains et européens. Ainsi, le président français François Hollande a exprimé la "solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza".

Sur le plan humanitaire, l'Egypte a ouvert le point de passage de Rafah jeudi pour recevoir les Palestiniens blessés dans l'offensive israélienne.

En revanche, Le Caire ne semble plus vouloir endosser le costume de médiateur, comme par le passé, au profit du Hamas, allié des Frères musulmans écrasés par le nouveau pouvoir égyptien.

bur-agr/sw

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