DIVERTISSEMENT

Brigitte Rosset au Festival Juste pour rire: la petite blonde avec un air espiègle (ENTREVUE)

10/07/2014 09:52 EDT | Actualisé 10/07/2014 09:52 EDT
Juste pour rire

Ne vous fiez pas à son air juvénile et candide. À 44 ans bien sonnés, la Suissesse Brigitte Rosset roule sa bosse comme comédienne et humoriste depuis 25 ans. Et elle a accumulé assez d’expérience dans son bagage de vie pour nous entretenir de sujets sérieux comme une peine d’amour, une dépression et un séjour en clinique psychiatrique, et les épicer de dérision et de folie sans qu’on s’en offusque.

Son premier spectacle solo, lancé en 2001, s’intitulait Voyage au bout de la noce et explorait la thématique du mariage. Au début 2009, elle rappliquait avec Suite matrimoniale avec vue sur la mère, une chronique délirante sur la maternité. Trois ans plus tard, ce sont les affres du chagrin amoureux qui l’inspiraient à créer Smarties, Kleenex et Canada Dry. Les décideurs de Juste pour rire l’ont remarquée au Festival du rire de Montreux, il y a un an et demi, et l’ont invitée à venir «péter les plombs» sur une scène de leur propre festival. Brigitte Rosset n’avait encore jamais mis les pieds au Canada il y a à peine quelques jours. Et elle en connaissait bien peu sur la Belle Province, hormis quelques références culturelles, comme Lance et compte, qu’elle regardait quand elle avait 16 ans.

«Avec le beau Lambert qui faisait du hockey sur glace, précise-t-elle en riant. Cette série a été mon premier regard sur le Québec. Plus tard, j’ai découvert Marc Favreau et son personnage de Sol. Il me fascinait. Il était venu à Genève et avait offert trois spectacles de deux heures complètement différents. J’ai aussi rencontré l’équipe de la Ligue nationale d’improvisation (LNI), car j’ai joué un match contre eux à Genève, et la comédienne Sylvie Legault, qui est revenue travailler avec nous à quelques reprises. J’ai eu quelques petits coups de cœur pour le Québec en me disant, chaque fois, que j’avais envie d’y venir. Votre accent est tellement sympa…!»

Mardi, Brigitte Rosset se produisait pour la première fois à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts. Elle a été rassurée de constater que ce qui fait rire l’Europe trouve aussi une résonance chez nous.

«J’ai eu droit à un standing ovation à la fin, annonce-t-elle fièrement. J’étais surprise. Je croyais que c’était peut-être une coutume locale, mais les techniciens et les gens à l’accueil m’ont dit que non, ce n’était pas habituel. Chaque fois, on se demande si on va nous comprendre, si notre histoire va réussir à toucher. Si on n’est pas touché, on ne rit pas. Je sais maintenant que les chagrins d’amour sont les mêmes chez les Québécois et les Suisses!»

Juste la vérité

Brigitte Rosset dépeint donc une blessure du cœur dans Smarties, Kleenex et Canada Dry. Avant de se lancer dans son récit, la dame avertit son parterre; tout ce qu’elle évoque dans sa tirade est vrai.

«Au-delà du burn out déclenché par la peine d’amour, je raconte un séjour dans une clinique de repos, une clinique psychiatrique, explique-t-elle. Je reviens sur le parcours que j’ai fait là-dedans et les gens que j’ai croisés, les thérapeutes et les autres patients, qui étaient là pour une raison ou une autre. Vous allez trouver que c’est un peu exagéré, mais tout est véridique. Le seul truc qui n’est pas vrai, c’est le nom de la clinique. Je dis aux gens que, si ça les intéresse, je peux leur donner l’adresse à la fin du spectacle… mais je crois qu’ils n’en ont pas envie! (rires)»

«Je ne monte pas sur scène pour faire une thérapie, ajoute Brigitte. Les faits sont réels, mais tout est dans la manière de raconter. Je m’inspire toujours de la réalité pour construire mes histoires.»

Bien que le propos de Smarties, Kleenex et Canada Dry semble à prime abord rejoindre davantage les femmes, Brigitte Rosset insiste sur le caractère ni féminin ni féministe de son one woman show.

«Énormément d’hommes sont venus me voir en me disant qu’ils avaient vécu la même chose. Ce n’est pas une histoire de vengeance, et je ne dis pas que les hommes sont comme ci ou comme ça. Ce n’est pas plus féminin que masculin.»

Aussi comédienne

Même si elle retient l’attention de foules considérables dans son pays natal – elle a offert plus d’une centaine de représentations de Smarties, Kleenex et Canada Dry en Suisse romande, où 200 000 personnes se sont bidonnées avec elle – Brigitte Rosset ne pourrait se satisfaire uniquement du métier d’humoriste. Aussi comédienne, elle joue beaucoup au théâtre et fait de l’improvisation. Elle aime s’évader de ses propres textes pour livrer les mots des autres.

«J’ai du plaisir à varier les deux, note-t-elle. Quand on tourne toujours en solo, ça fait du bien de sortir, d’aller voir d’autres gens, de travailler avec eux. J’aime ça et j’en ai besoin. Je ne vois pas de différence entre les deux métiers. Les humoristes sont aussi des comédiens.»

Brigitte Rosset présente Smarties, Kleenex et Canada Dry à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, jusqu’au 17 juillet, dans le cadre du Festival Juste pour rire. Consultez le hahaha.com pour en savoir plus.

INOLTRE SU HUFFPOST

Quelques artistes qui seront sur scène au Festival Juste pour rire 2014