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A Washington, "pas de commentaire" sur l'expulsion d'un chef espion par Berlin

10/07/2014 11:04 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

La Maison Blanche a refusé de commenter spécifiquement l'expulsion jeudi par le gouvernement allemand du chef des services de renseignement américains en Allemagne, le silence radio étant général à Washington sur cette affaire d'espionnage explosive entre les deux alliés.

"Nous avons vu ces informations et n'avons aucun commentaire sur une prétendue affaire de renseignement", a déclaré Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de Barack Obama.

"Toutefois, notre relation en matière de sécurité et de renseignement avec l'Allemagne est très importante, et elle permet d'assurer la sécurité des Allemands et des Américains", a-t-elle ajouté. "Il est essentiel que la coopération se poursuive dans tous les domaines, et nous continuerons d'être en contact avec le gouvernement allemand via les canaux appropriés".

Le porte-parole du gouvernement allemand a justifié jeudi l'expulsion par le "manque de coopération" de Washington sur les affaires d'agents américains apparemment découverts en Allemagne ces derniers jours.

Les accusations ont fait monter d'un cran la tension entre les deux pays, déjà passablement élevée à cause de la surveillance par l'Agence nationale de sécurité (NSA) du téléphone portable de la chancelière Angela Merkel, révélée par des fuites dans les médias et maintenant arrêtée.

Mais les Allemands se plaignent de la relative indifférence des Américains dans ce dossier, au moins publiquement.

Cette semaine, une délégation de parlementaires allemands s'est rendue à Washington pour des réunions sur la sécurité nationale au Congrès et avec l'exécutif.

"Nous trouvons que nos interlocuteurs n'ont qu'une conscience très faible du problème", a déploré Norbert Roettgen, président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag.

De fait, peu de parlementaires américains semblaient préoccupés par l'agitation allemande, dans les couloirs du Capitole, où des dossiers de politique intérieure (immigration, autoroutes...) sont à l'ordre du jour. L'actualité américaine reste dominée par la vague d'enfants clandestins à la frontière avec le Mexique.

"Je comprends que cette histoire, en plus de ce qui est arrivé avant avec le portable de la chancelière Merkel, soulève de nombreuses questions, mais à part cela, je n'ai vraiment aucun commentaire", a dit mercredi le sénateur Bob Corker, plus haut républicain de la commission des Affaires étrangères.

"Je n'étais pas au courant, j'étais en Afghanistan", disait mardi son collègue Lindsey Graham après l'ouverture d'une enquête sur un deuxième espion présumé travaillant pour le compte des Etats-Unis.

Des experts soulignent que la crise ne pourrait vraisemblablement être résolue sans l'implication personnelle de Barack Obama, "mais je ne pense pas qu'il le fera, ou qu'il puisse le faire", estime Jack Janes, du centre de réflexion American Institute of Contemporary German Studies.

"C'est au département d'Etat ou aux parlementaires des deux côtés de l'Atlantique que revient la tâche d'apaiser les tensions, mais le Congrès n'a pas vraiment envie de s'impliquer", dit-il à l'AFP, prédisant que "toute cette histoire va continuer à pourrir pendant un certain temps".

col-gw-ico/rap

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