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USA: vers la fin du stimulus monétaire de la Fed en octobre

09/07/2014 03:41 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

La banque centrale américaine (Fed) pourrait mettre un terme en octobre à son vaste programme d'injection de liquidités destiné à soutenir l'économie américaine, selon les minutes de sa dernière réunion publiées mercredi.

En janvier 2013, la Réserve fédérale avait décidé d'acheter chaque mois pour 85 milliards de bons du Trésor et de créances immobilières afin d'injecter des liquidités dans le circuit financier, fluidifier le crédit et soutenir une reprise américaine encore convalescente.

Mais un an plus tard, face à l'amélioration de la conjoncture, la Fed avait commencé à réduire progressivement le rythme de ses achats d'actifs, qui s'élèvent aujourd'hui à 35 milliards de dollars.

"Si l'économie progresse conformément aux attentes (...), la réduction finale (des rachats) interviendra après la réunion d'octobre" du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), indique le compte-rendu de la précédente réunion qui s'est tenue les 17 et 18 juin.

Symboliquement, cette décision marquerait la fin d'un des programmes "d'assouplissement monétaire" les plus vastes de l'histoire qui a accompagné la sortie de récession des Etats-Unis et considérablement alourdi le bilan financier de la Fed.

-Rebond économique-

Pour justifier cette décision, les membres de la Réserve fédérale soulignent notamment que l'activité américaine semble avoir retrouvé un certain élan.

"Les données (...) suggèrent que l'activité économique est en train de rebondir au deuxième trimestre après un déclin du PIB d'une ampleur étonnante", indique le compte-rendu.

Le recul du Produit intérieur brut entre janvier et mars était alors évalué à 1% en rythme annualisé mais il a été depuis revu à la hausse à -2,9%, son plus grand recul depuis cinq ans.

La plupart des responsables de la Fed "restent plutôt optimistes" sur les perspectives de croissance, résume Jim O'Sullivan, analyste à High Frequency Economics.

Certains membres de la Fed restent toutefois prudents sur la situation du marché du travail, en dépit du recul du taux de chômage, et mettent surtout en garde contre le goût retrouvé du risque chez les investisseurs.

"Les acteurs de marché ne prennent pas suffisamment en compte les incertitudes sur la trajectoire de l'économie et de la politique monétaire", selon l'avis de "certains membres" de la Fed retranscrit dans les minutes.

Selon ce compte-rendu, la Fed s'est également montrée inquiète de la stagnation du niveau des salaires à l'heure où l'administration Obama veut relever le niveau du salaire minimum.

-Divisions-

L'annonce de la fin du programme de rachats d'actifs va renforcer l'attention des investisseurs sur une question centrale: à quel moment la Fed va-t-elle commencer à relever son taux directeur, maintenu proche de zéro depuis fin 2008?

Alors que les marchés tablent sur une première hausse à la mi-2015, les membres du FOMC restent divisés sur la question, à en croire les minutes publiées mercredi.

Plusieurs participants plaident d'un côté pour une approche plus "progressive" --suggérant une remontée plus tardive-- dans le cas où les prévisions de croissance ne seraient pas atteintes d'ici à la fin de l'année.

Mais "d'autres participants" font au contraire valoir que la croissance économique pourrait être plus dynamique que prévu, nécessitant une remontée "plus rapide" des taux, affirme le compte-rendu.

"Il n'y a rien dans les minutes concernant le calendrier de hausse des taux", résume Chris Low de FTN Financial.

Cette échéance est également guettée avec fébrilité par certains pays émergents qui redoutent un reflux des investisseurs qui seraient tentés de rapatrier leurs capitaux aux Etats-Unis.

Au printemps 2013 et en janvier, les spéculations sur cette remontée des taux avaient provoqué des flux de capitaux volatils qui avaient notamment déstabilisé le Brésil, la Turquie ou l'Inde en faisant plonger leur monnaie.

jt/lo/gde

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