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Ukraine: Tirs à Lougansk, inquiétude à Donetsk, nouveaux efforts franco-allemands

09/07/2014 05:35 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

L'inquiétude grandissait mercredi dans la place forte rebelle de Donetsk, dont les forces de Kiev disent contrôler les accès, alors que Berlin et Paris devaient pousser à une solution politique lors d'un entretien téléphonique prévu avec le président ukrainien.

La situation était calme cependant à Donetsk, où les transports en commun et les commerces fonctionnaient normalement, alors qu'aucun grand mouvement de troupes de Kiev en direction des positions rebelles n'était signalé.

A Lougansk, où la municipalité annonçait trois tués et cinq blessés au cours des dernières 24 heures, mais pas de bombardements ou de tirs d'artillerie dans la nuit, des journalistes de l'AFP ont entendu mercredi matin quelques détonations au loin. Des tirs étaient concentrés près de la gare routière, proche du QG militaire des séparatistes, où un obus a touché un minibus lundi, faisant deux morts.

Beaucoup de magasins étaient fermés, mais les petits autobus municipaux circulaient normalement et les distributeurs de billets de banque fonctionnaient.

Selon le ministère ukrainien de la Défense, six cas seulement de tirs rebelles sur les positions loyalistes ont été enregistrés au total durant la nuit. Si ces tirs n'ont fait aucun blessé, la situation est "tendue", notamment autour des villes de Donetsk, Lougansk et Gorlivka, précise le ministère, ajoutant que les troupes gouvernementales cherchent notamment à s'assurer le contrôle de la frontière avec la Russie et à "isoler solidement la zone de conflit".

- 'Très prochainement à Donetsk' -

A Donetsk, le "ministre de la Défense" insurgé Igor Strelkov a donné une interview à la télévision des séparatistes, estimant que la ville n'était pas bien préparée pour se défendre contre une éventuelle attaque de chars de Kiev, selon les sites web locaux qui citent ses propos.

Il a estimé qu'il faudrait mobiliser entre 8.000 et 10.000 hommes pour pouvoir arrêter l'avance des forces de Kiev, sans chiffrer les effectifs actuels des troupes séparatistes, estimés généralement à quelques milliers d'hommes. Enfin, il a annoncé qu'à partir du mois de juillet ces soldats toucheraient une solde "relativement sérieuse dans les conditions locales", ce qui devrait, selon lui, "aider ceux qui hésitent à se décider" à rejoindre les rangs des combattants.

Le président ukrainien Petro Porochenko a promis mardi la libération prochaine de Donetsk et Lougansk lors d'une visite éclair à Slaviansk, ancien bastion des insurgés.

En tenue de camouflage, accompagné de plusieurs de ses ministres et de nombreux gardes du corps, M. Porochenko a fait une brève apparition sur la place centrale de Slaviansk, place forte séparatiste évacuée samedi par les rebelles face à l'avancée des forces loyales au gouvernement de Kiev. Il a été salué par plusieurs centaines d'habitants venus chercher l'aide humanitaire, a constaté un journaliste de l'AFP.

Interrogé pour savoir quand il se rendrait de la même manière à Donetsk et à Lougansk toujours contrôlées par les séparatistes, il a répondu: "très prochainement, je pense".

Les forces ukrainiennes resserrent leur étau autour de ces deux capitales régionales, avec l'objectif déclaré d'obtenir la reddition des insurgés.

"Toutes les routes menant vers Donetsk et Lougansk sont bloquées et des postes de contrôle y ont été établis par les forces de l'opération antiterroriste", a annoncé mardi le porte-parole du Conseil de sécurité nationale et de défense Andriï Lyssenko.

Le gouvernement ukrainien ne négociera pas avec les rebelles tant qu'ils n'auront pas déposé les armes, a pour sa part déclaré le ministre de la Défense Valeriï Gueleteï.

- Nouvel entretien à trois -

Les conditions posées par Kiev constituent un refus implicite des propositions de compromis européennes.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a appelé lundi Kiev à dialoguer avec les séparatistes pour rechercher un cessez-le-feu.

Mais aux yeux de Kiev, un cessez-le-feu inconditionnel, observé pendant que les insurgés contrôlent une partie de la frontière avec la Russie, ne ferait que renforcer ces derniers.

La recherche de la solution diplomatique devait revenir sur le devant de la scène mercredi avec un entretien téléphonique programmé entre M. Porochenko, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande.

bur-via/ml

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