POLITIQUE

Gaétan Barrette fustige Legault, Caire et Castonguay

09/07/2014 01:51 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT
PC

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, a dénoncé mercredi les critiques formulées à l'encontre de son collègue Yves Bolduc, relativement à la controverse entourant ce dernier, qui a cumulé les fonctions de médecin et de député alors qu'il était dans l'opposition. 

« Quand François Legault et Éric Caire disent que c'est impossible, c'est de la foutaise », a-t-il martelé à l'égard de ses opposants de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Lors d'un point de presse, Gaétan Barrette s'est aussi livré à une charge contre l'ex-ministre de la Santé et père de l'assurance maladie, Claude Castonguay, qui réclame la démission d'Yves Bolduc. Rappelons que Claude Castonguay estime qu'Yves Bolduc a profité du système et qu'il n'est donc plus digne d'occuper ses fonctions de ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. M. Castonguay a envoyé une lettre à cet effet au premier ministre Philippe Couillard. 

M. Barrette dénonce aussi le parallèle qu'aurait établi M. Castonguay entre le comportement de M. Bolduc et la commission Charbonneau, « un dérapage total », clame Gaétan Barrette qui invite M. Castonguay à prendre sa retraite. 

Dans toute cette affaire, le ministre de l'Éducation Yves Bolduc affirme avoir agi dans les règles et se défend d'avoir voulu profiter du système en acceptant une prime de 215 000 $ à titre de médecin pour prendre de nouveaux patients, pendant qu'il était député.

Des réactions 

En guise de réplique, Claude Castonguay affirme que le ministre Barrette a déformé ses propos : « J'ai dit que les gens en avaient assez avec (sic) la commission Charbonneau, je n'ai pas fait de parallèle ». Claude Castonguay déclare, de plus, que M. Barrette est « un grossier personnage avec qui il est impossible de discuter ».

De son côté, le député de la Coalition avenir Québec, Éric Caire, ne croit pas qu'Yves Bolduc ait fait preuve de collusion ou de corruption. Mais, d'ajouter le député caquiste, « il a profité du système pour s'en mettre plein les poches ». Éric Caire estime que l'affaire prend des proportions inacceptables et il demande au premier ministre Philippe Couillard d'intervenir.

C'est également ce que demande Stéphane Bédard, chef de l'opposition officielle et député de Chicoutimi, qui estime que le premier ministre Couillard doit sortir de son mutisme et rappeler à l'ordre ses ministres Bolduc et Barrette. 

Stéphane Bédard demande en outre à Philippe Couillard d'exiger des excuses de son ministre de la Santé.

Stéphane Bédard fait ainsi référence aux propos de M. Barrette. Ce dernier disait observer un phénomène générationnel, les médecins de sa génération étant plus portés que les jeunes médecins, selon lui, à travailler de longues heures.

Temps partiel

Gaétan Barrette trouve « ridicule » qu'on cloue au pilori « des gens qui sont capables d'organiser leur vie d'une certaine manière », de façon à pouvoir, par exemple, prendre en charge 1500 patients et exercer les fonctions de député de l'opposition. Pour Gaétan Barrette, Yves Bolduc n'a pas « mis en péril sa fonction de député » en agissant de la sorte.

Sur la question des primes payées aux médecins pour les nouveaux patients, le ministre Barrette rappelle qu'il est déterminé à revoir « la problématique des primes », pour laquelle il a de la « sensibilité », dit-il.

Mais il réitère que le Dr Bolduc a bien agi et qu'une charge de 1500 patients n'est pas excessive. « Pour un médecin comme Yves Bolduc et comme moi à l'époque, c'est du temps partiel », rétorque l'actuel ministre de la Santé, qui explique qu'il n'est pas rare que des médecins ayant 3000 patients à leur charge décident de partir à la retraite.

Pendant que toute cette controverse se déploie, à Québec, le ministre Bolduc, lui, est en Côte d'Ivoire. Il participe jusqu'à dimanche à la 56e session ministérielle de la Conférence des ministres de l'Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN).