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Maroc: crainte d'un jugement "politique" contre le rappeur "Lhaqed" (HRW)

02/07/2014 08:19 EDT | Actualisé 01/09/2014 05:12 EDT

Human Rights Watch (HRW) a dit craindre mercredi un jugement "inéquitable" et à caractère "politique" à l'encontre du rappeur Mouad Belghawat, une figure du mouvement pro-réformes au Maroc, condamné la veille à une nouvelle peine de prison ferme.

Arrêté en mai en marge d'une rencontre de football à Casablanca, "Lhaqed" ("le rancunier", son surnom), 26 ans, a notamment écopé de quatre mois de prison pour "ébriété sur la voie publique" et "atteinte à agents des forces de l'ordre".

Le chanteur, qui a clamé son innocence, a déjà purgé deux peines de prison dans un passé récent, dont la précédente entre mars 2012 et mars 2013 pour "outrage à la police", en raison d'un clip diffusé sur YouTube.

Ce nouveau jugement "soulève des préoccupations quant au fait que la justice marocaine l'ait une nouvelle fois condamné pour son message politique", a estimé HRW dans un communiqué.

"Ce ne serait pas la première fois qu'un procès inéquitable basé sur des accusations de droit commun servirait de prétexte pour faire taire une voix critique au Maroc", a déclaré la directrice pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord, Sarah Leah Whitson.

L'ONG avance que le tribunal a refusé "toutes les requêtes" de la défense visant à entendre les deux policiers blessés --qui s'étaient portés partie civile-- ainsi que le médecin ayant signé leur rapport médical.

"Un procès en appel devra, s'il a lieu, étudier de manière équitable l'ensemble des preuves et entendre tous les témoins", a ajouté Mme Whitson.

Un des avocats du rappeur, Mohamed Messaoudi, a indiqué mardi à l'AFP que la décision d'interjeter appel n'avait pas encore été prise, Mouad Belghawat ayant déjà purgé près de la moitié de sa peine.

Ce chanteur est une des figures du mouvement du 20-Février, né durant le Printemps arabe, qui réclame des réformes politiques et sociales profondes au Maroc. Les activités du 20-F ont décliné depuis plus d'une année, les militants dénonçant une répression à leur égard.

Les autorités affirment de leur côté que l'essentiel des revendications ont été satisfaites avec l'adoption à l'été 2011 d'une nouvelle Constitution, sur initiative royale.

gk/emb

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