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Ukraine : Paris et Berlin maintiennent la pression sur Moscou

30/06/2014 05:35 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

D'intenses négociations téléphoniques sont engagées entre les présidents russe, ukrainien et français et la chancelière allemande, pour empêcher le retour à la violence dans l'Est de l'Ukraine à l'expiration d'un cessez-le-feu, lundi à 19H00 GMT.

Angela Merkel, Vladimir Poutine, Petro Porochenko et François Hollande devaient tenir une nouvelle téléconférence lundi, à une heure non précisée, après avoir évoqué la situation pendant deux heures la veille.

La chancelière et le président français avaient saisi cette occasion pour appeler une nouvelle fois le président russe à oeuvrer en faveur d'un apaisement dans l'est séparatiste pro-russe.

Menacé de sanctions économiques par l'Union européenne et les Etats-Unis faute de résultats concrets, l'homme fort du Kremlin a plaidé pour une prolongation du cessez-le-feu.

Mais en Ukraine, l'opinion publique et les médias penchent en faveur de la levée du cessez-le-feu et d'une opération militaire pour reprendre le contrôle des bastions séparatistes et de la frontière avec la Russie.

"Dans l'Est, il faut proclamer l'état de siège et nettoyer le plus rapidement possible cette région", a dit à l'AFP Igor, un ex-militaire de 48 ans qui s'est porté volontaire pour défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

"Si les autorités continuent à traîner, les séparatistes se renforceront et cette peste s'étendra à d'autres régions. L'Occident ne nous aidera pas, il faut que nous réglions ce problème nous-mêmes", a-t-il ajouté.

Dimanche, environ 500 personnes ont manifesté devant la présidence à Kiev en faveur d'une reprise de "l'opération antiterroriste" dans l'Est et des postes-frontières par où passent, selon eux, armes russes et combattants recrutés en Russie.

"Nous sommes tout à fait prêts à engager des actions militaires contre les terroristes, mais M. le Président nous retient", a dit l'un d'entre eux à l'AFP, tandis qu'une quinquagénaire, Olena, demandait que l'Ukraine passe à l'action "sans tenir compte de l'avis de la communauté internationale".

- 'Infiltrations' -

M. Hollande et Mme Merkel ont plaidé dimanche pour que Kiev et Moscou travaillent à la mise en place d'un mécanisme de vérification, sous l'égide de l'OSCE, du cessez-le-feu et du contrôle effectif de la frontière, au retour sous contrôle des autorités ukrainiennes des trois postes-frontières pris par les séparatistes, et à l'ouverture de négociations sur la mise en oeuvre du plan de paix du président Porochenko.

De son côté, l'assemblée parlementaire de l'OSCE a voté à l'unanimité lundi en faveur d'une proposition de la Russie de créer un "groupe de contact parlementaire international" sur la crise.

Les négociations téléphoniques à quatre avaient été fixées vendredi à Bruxelles lorsque le président pro-occidental ukrainien a signé un accord historique d'association avec l'Union européenne, qui a suscité l'ire de la Russie.

Depuis le déclenchement d'une opération militaire dans l'Est le 13 avril pour mater l'insurrection séparatiste, près de 450 personnes ont été tuées et des dizaines de milliers d'autres ont fui la région industrielle russophone du Donbass, certaines pour gagner la Russie, d'autres pour le centre et l'ouest de l'Ukraine.

La fragilité du cessez-le-feu a été illustrée par la mort dimanche soir d'un journaliste de la télévision publique russe, tué par balles dans la région de Donetsk. Moscou a demandé aux autorités ukrainiennes "une enquête objective" sur les tirs présumés venir des positions de militaires ukrainiens.

Moscou, accusé par les Occidentaux d'armer la rébellion, a dit soutenir le cessez-le-feu et le plan de paix de Kiev, et demandé que les droits des russophones soient respectés et qu'un "large" dialogue avec les rebelles soit entamé.

Beaucoup reste toutefois à faire pour mettre en oeuvre un plan de paix entre Kiev et les rebelles, qui ont revendiqué leur indépendance dans deux régions, créant des "républiques populaires" de Donetsk et Lougansk.

Le cessez-le-feu décrété par Kiev le 20 juin visait à proposer aux rebelles n'ayant commis "ni meurtre ni torture" un plan de paix en 15 points, et à sauvegarder l'intégrité territoriale de l'Ukraine, quelques mois après le rattachement de la Crimée à la Russie.

Ce plan prévoit notamment la création d'une zone tampon à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, la mise en place d'un couloir pour permettre aux mercenaires venus de Russie, selon Kiev, de rentrer chez eux après avoir déposé les armes, ainsi qu'une décentralisation du pouvoir.

Faute d'avancées, la Russie, dont la croissance est déjà atone, encourt de nouvelles sanctions économiques.

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