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Hydro-Québec: le président Thierry Vandal reconnaît que des employés ont posé des gestes inappropriés

30/06/2014 12:52 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - Le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, reconnaît que des gestes inappropriés ont pu être posés par des employés de la société d'État au cours des dernières années, mais refuse toutefois de parler de malversations.

À la lumière des révélations de la Commission Charbonneau, les partis d'opposition l'ont talonné, lundi, en commission parlementaire, pour obtenir la divulgation des enquêtes qui ont permis de faire la lumière sur ces cas, mais en vain.

À la mi-juin, un témoin mystère à la Commission Charbonneau, un ex-ingénieur chez BPR et Roche, a en effet a évoqué une sorte de collusion par la voie d'un club sélect de quatre sociétés de génie-conseil privilégié dans ses relations avec Hydro-Québec. Il a même laissé entendre que les entreprises de génie contribuaient généreusement aux caisses des partis pour ensuite espérer décrocher les contrats de la société d'État.

Devant la commission parlementaire sur l'étude des crédits du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, lundi matin, Thierry Vandal a d'abord dit qu'il n'a pas eu connaissance de cas de collusion et qu'il n'a pas souvenir non plus de cas de malversations, depuis son arrivée en 2005. Il a assuré que les pratiques d'attribution de contrat de la société d'État sont «robustes».

M. Vandal a même jeté le doute sur le témoignage rendu devant la commission, en précisant que le travail de vérification à l'interne se fait en continu et «n'a pas commencé parce que quelqu'un a fait une déclaration à visage couvert avec une voix tronquée».

Cependant, le porte-parole péquiste en matière d'énergie, Bernard Drainville, est revenu à la charge quant à savoir s'il y avait eu des cas de malversations, ce qu'a démenti M. Vandal, mais en apportant des nuances.

«Hydro-Québec est une grande organisation, a répondu M. Vandal. Y a-t-il pu y avoir des individus qui ont posé des gestes inappropriés de façon épisodique, isolée? Oui c'est possible. Est-ce que des gens ont été congédiés, ont eu des mesures disciplinaires? Ça, oui, clairement, ça peut arriver.»

En point de presse, après la séance, il a précisé ce qu'il entendait par «gestes inappropriés», c'est-à-dire, par exemple, usage frauduleux de cartes de crédit d'entreprise, mais pas de cas de collusion pour favoriser une entreprise.

«Je suis très confiant que l'attribution des contrats s'est faite de façon très rigoureuse», a-t-il répété.

Les deux représentants des partis d'opposition, M. Drainville, du PQ, ainsi que le caquiste Gérard Deltell, ont tour à tour demandé à Thierry Vandal de rendre publics les rapports de vérification interne et d'enquêtes qui ont mis au jour les cas de gestes inappropriés. Le patron d'Hydro a toutefois refusé de s'engager et a plutôt répondu qu'il allait acheminer la demande au comité de vérification de la société d'État.

«Cela fait des semaines que c'est le sujet d'actualité, cela fait des années qu'on en parle au Québec, et on n'a pas un bilan sur les enquêtes faites à l'interne chez Hydro-Québec? Moi je ne peux accepter ça. Je trouve ça malheureux», a tonné Gérard Deltell, qui exige une synthèse rapide du travail d'enquête effectué.

En point de presse après la commission parlementaire, Bernard Drainville s'est dit insatisfait des réponses de M. Vandal. «Visiblement ils ont enquêté sur l'attribution des contrats à Hydro-Québec. Qu'est-ce qu'ils ont trouvé? Il me semble que les Québécois ont le droit de savoir.»

Selon lui, l'obstruction ne vient pas que de la société d'État et le gouvernement est aussi responsable du manque de transparence. «Ça ne dépend pas juste de Thierry Vandal, cela dépend de M. (Pierre) Arcand (le ministre de l'Énergie) et du gouvernement Couillard. Thierry Vandal peut bien dire qu'il n'est pas sûr de rendre les rapports publics, mais si le gouvernement lui dit de les rendre publics, normalement Hydro-Québec devrait les rendre publics.»

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