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Italie: Nouveau drame de l'immigration, 30 réfugiés morts et 5.000 secourus

30/06/2014 06:37 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Une trentaine de cadavres ont été trouvés dimanche en Méditerranée sur une embarcation de réfugiés, ce énième drame de l'immigration provoquant une polémique en Italie, même si la marine militaire a réussi à secourir 5.000 personnes pendant le week-end.

"Dimanche après-midi, au cours d'une opération de secours et d'inspection d'une embarcation, une trentaine de cadavres ont été découverts dans la partie avant", a précisé lundi un communiqué de la marine militaire, confirmant des informations des médias parvenues pendant la nuit.

"Le personnel médical intervenu sur les lieux a déclaré que les causes des décès sont (...) probablement l'asphyxie et la noyade et a déconseillé d'enlever les corps en raison de l'étroitesse de l'espace", poursuit le communiqué.

Interrogée par l'AFP, la marine militaire à Rome n'a pas été en mesure de fournir davantage d'informations. Elle a confirmé la possibilité que l'embarcation ait pris l'eau, ce qui expliquerait que certains réfugiés sont morts noyés et d'autres asphyxiés en raison du manque d'espace.

Plusieurs centaines de personnes se trouvant sur l'embarcation avec les cadavres devaient arriver en fin d'après-midi dans le port de Pozzallo, en Sicile, tandis que le débarquement des corps des victimes était prévu mardi matin.

"C'est une situation d'urgence que nous ne pouvons pas affronter seuls", a mis en garde Luigi Ammatuna, maire de Pozzallo, affirmant que le cimetière local ne pouvait pas accueillir, faute d'espace adéquats, les 30 cadavres.

"Il est également impossible d'accueillir les quelque 900 immigrés sur le point d'arriver car les centres d'accueil de notre zone sont tous remplis", a-t-il ajouté.

Cette découverte macabre a provoqué immédiatement la colère du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord qui a dénoncé "les chemises ensanglantées" du chef du gouvernement Matteo Renzi et de son ministre de l'Intérieur Angelino Alfano.

- 'Il faut arrêter les départs' -

"Trente nouveaux morts sur une embarcation. Trente morts de plus sur la conscience" de ceux qui défendent l'opération "Mare Nostrum" (nom que les Romains donnaient à la Méditerranée), lancée par l'Italie à l'automne 2013 après deux terribles naufrages, l'un près de Lampedusa, l'autre près de Malte ayant fait au moins 400 morts, a écrit sur son compte Facebook Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord.

"Il faut arrêter les départs, les aider chez eux, immédiatement. Les chemises de Renzi et Alfano sont ensanglantées", ajoute Matteo Salvini.

La Ligue du Nord, comme d'autres partis membres de la droite italienne, estime que l'opération "Mare Nostrum" encourage les départs d'immigrés vers l'Italie, tandis que le gouvernement de gauche de Matteo Renzi, soutenu par son allié de centre-droit,le NCD dont Angelino Alfano est le chef, assure que cette opération est indispensable et ne vise qu'à sauver des vies humaines.

"De nouveaux morts en Méditerranée. Les responsables de ces victimes (...) sont ceux qui ont voulu une guerre erronée en Libye comme David Cameron, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, soutenus par certaines institutions italiennes", a déclaré Maurizio Gasparri, vice-président du Sénat et membre de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi.

Près de 5.500 réfugiés ont par ailleurs été secourus pendant le week-end par la marine militaire et deux cargos.

Depuis le début de l'année, selon les autorités, plus de 65.000 migrants et réfugiés, en incluant les 5.000 de ce week-end, fuyant les guerres ou la pauvreté, ont débarqué en Italie.

Le record de 2011, où le nombre de migrants avait atteint les 63.000 personnes en raison des printemps arabes, pourrait donc déjà être dépassé, alors que l'été ne fait que débuter et que le beau temps pourrait inciter des dizaines de milliers d'autres réfugiés à tenter la traversée.

L'Italie a obtenu un renforcement de Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes, et des aides supplémentaires pour gérer l'afflux de migrants. Mais elle voudrait de l'Union européenne, et en particulier des pays du nord de l'Europe, une plus grande solidarité dans l'effort d'accueil des immigrés.

bur-ljm/pt

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