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Iran: l'assignation à résidence, "une faveur" pour les dirigeants de l'opposition (Khamenei)

30/06/2014 04:00 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a estimé que l'assignation à résidence depuis plus de trois ans des dirigeants de l'opposition iranienne était une "faveur" accordée par le régime, selon les propos d'un député rapportés lundi par des médias.

Mehdi Karroubi et Mir Hossein Moussavi avaient pris les rênes de l'opposition après leur défaite à la présidentielle de juin 2009, qui avait vu la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad.

Les deux candidats réformateurs avaient dénoncé des fraudes massives lors du scrutin et appelé leurs partisans à descendre dans la rue. Plusieurs milliers de manifestants, de militants et de journalistes avaient été arrêtés mais la plupart ont été libérés depuis. Pour le régime, les deux hommes font partie d'un complot occidental contre la République islamique. Ils ont été assignés à résidence en février 2011, après avoir appelé à de nouvelles manifestations.

Le président Hassan Rohani, élu en juin 2013, a promis de résoudre cette affaire, mais la décision revient au Conseil suprême de la sécurité nationale (CSSN) et au pouvoir judiciaire. Plusieurs responsables judiciaires ont affirmé que les deux hommes ne seraient pas libérés avant de s'être repentis.

Lors d'une conversation le 17 juin avec le guide suprême iranien, qui a le dernier mot sur les affaires stratégiques du pays, le député conservateur Ali Motahari a demandé le jugement public des deux opposants.

"Mon sentiment, partagé par de nombreuses personnes, est que la poursuite des assignations à résidence de Moussavi et Karoubi ne profite pas à la Révolution et n'est pas nécessaire", a déclaré le député.

S'inquiétant des ennuis de santé des deux opposants et des conséquences si l'un d'eux venait à mourir, il a souhaité que le guide suprême "donne l'ordre au pouvoir judiciaire de mettre fin" à cette affaire.

Mais l'ayatollah Khamenei a émis une fin de non-recevoir, estimant que "s'ils (Karoubi et Moussavi) sont jugés, leur peine sera très lourde et vous ne serez pas satisfaits". "Actuellement, nous leur faisons une faveur", a-t-il ajouté, selon ses propos rapportés par le député.

En décembre, Ali Motahari avait déjà critiqué la mesure de résidence surveillée et réclamé un procès pour les deux hommes.

Selon le site d'opposition Kaleme.com, M. Karoubi s'est dit prêt à un procès public pour s'expliquer sur les accusations de fraudes qu'ils avaient portées lors du scrutin de 2009.

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