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Indépendance-Ecosse: Londres prend la défense du haggis aux Etats-Unis

30/06/2014 07:08 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement britannique farouchement hostile à l'indépendance de l'Ecosse a annoncé qu'il prendra fait et cause lundi à Washington pour la levée de l'embargo américain contre l'importation du "haggis", la panse de brebis farcie qui constitue un fleuron de la gastronomie écossaise.

La démarche s'inscrit dans la campagne protéiforme de Londres en faveur du maintien de la cohésion du Royaume-Uni -- dont l'Ecosse est une des quatre composantes -- sur le thème "Ensemble, nous sommes plus forts".

Le gouvernement central entend prouver que ce slogan s'applique à tous les domaines, y compris la défense diplomatique du plat traditionnel composé d'abats de mouton, d'oignon, d'avoine, de graisse de rognon et d'épices.

Le ministre à l'environnement, Owen Paterson, a promis d'intervenir personnellement auprès de l'administration de Barack Obama pour préconiser l'abandon des mesures qui frappent depuis plus de 40 ans l'exportation aux Etats-Unis des différentes composantes du "haggis".

A l'interdiction de consommation de poumon de mouton (un ingrédient essentiel à faire mijoter avec le coeur et le foie) en 1971, s'est ajouté en 1989 un embargo pur et simple d'exportation de viande de mouton et de bovins, dans la foulée de la crise de la vache folle.

Owen Paterson estime à plus de 15 millions de livres (18,7 millions d'euros) le potentiel du haggis sur le marché américain, un pays où vivent quelque 9 millions de personnes revendiquant des racines au pays des Scots.

"Les Américains ne savent pas ce qu'ils ratent (...) Je partage la frustration de nombre de producteurs de haggis sur le fait que les Américains sont à l'heure actuelle dans l'impossibilité de savourer à l'heure du dîner dans leur pays ce succulent plat national écossais", a affirmé le ministre britannique, la semaine dernière à Edimbourg.

Dans les faits, les discussions sur la levée de l'embargo sur le mouton britannique font aussi largement partie des négociations en cours sur le traité de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis.

En avril dernier, les fabricants de whisky avaient exprimé des craintes à la perspective d'une victoire du oui au référendum d'indépendance prévu en septembre, en soulignant que le réseau diplomatique britannique était "imbattable" dans la promotion de "l'or ambré".

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