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Nigeria: des islamistes présumés attaquent des églises, des "dizaines" de morts (témoins)

29/06/2014 09:54 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Des membres présumés du groupe islamiste armé Boko Haram ont attaqué dimanche des églises près de Chibok, ville du nord-est du Nigeria où plus de 200 lycéennes avaient été enlevées mi-avril, selon des témoins qui évoquent des "dizaines" de morts.

"D'après ce que j'ai rassemblé (comme informations), des dizaines de fidèles, hommes, femmes et enfantss, ont été tués", a déclaré un habitant de Chibok joint par téléphone, Timothy James.

Aucune des sources interrogées par l'AFP n'a pu fournir de bilan précis et l'armée nigériane n'a pu être jointe.

D'après des habitants de la région, des hommes armés s'en sont pris à des villages situés à une dizaine de kilomètres de Chibok, dont ils ont visé les églises.

"Les assaillants se sont rendus dans les églises avec des bombes et des armes à feu", a ajouté M. James.

Un responsable de Chibok, Enoch Mark, a confirmé ces informations et précisé à l'AFP que l'attaque était toujours en cours. "Au moment où nous parlons, nous sommes attaqués", a-t-il dit.

"Nous ne pouvons pas dire combien il y a de cadavres", a expliqué M. Mark. "On m'a dit que les assaillants avaient brûlé au moins trois églises jusqu'aux fondations".

Selon lui, les militaires nigérians n'ont pas répondu aux appels de détresse de la population lorsque les attaques ont commencé. "Ils sont simplement partis et se sont cachés dans la brousse", a-t-il affirmé.

Le nord-est du Nigeria, et plus précisément l'Etat de Borno où ont lieu ces attaques, est l'épicentre de l'insurrection de Boko Haram, commencée il y a 5 ans.

Dans le cadre d'une opération militaire de longue haleine contre les islamistes, l'état d'urgence y a été déclaré l'an dernier mais les attaques n'ont fait que s'intensifier depuis, faisant douter de la capacité de l'armée et du pouvoir politique de venir à bout de l'insurrection.

Après l'enlèvement par Boko Haram de 276 lycéennes, le 14 avril à Chibok, les parents et les responsables locaux avaient déjà accusé l'armée de ne quasiment rien faire pour tenter de libérer les captives.

57 des jeunes filles ont réussi à s'enfuir dans les jours suivant leur capture, mais 219 restent aux mains des islamistes.

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