NOUVELLES

Netanyahu envisage d'interdire une fraction du Mouvement islamique en Israël

29/06/2014 10:01 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche envisager de faire interdire une fraction du Mouvement islamique en Israël, considéré comme proche du Hamas à qui Israël impute le récent enlèvement de trois Israéliens.

"La +branche nord+ du Mouvement islamique prêche constamment contre l'Etat d'Israël et ses membres reconnaissent publiquement leur parenté avec des organisations terroristes comme le Hamas", a déclaré dimanche M. Netanyahu, annonçant qu'il avait demandé "aux autorités compétentes d'envisager de déclarer illégale cette +branche nord+ du Mouvement islamique", basé à Nazareth et Oum al-Fahm (nord d'Israël).

Cette interdiction "devrait donner aux autorités compétentes des moyens efficaces pour lutter contre ce mouvement", a ajouté le Premier ministre.

Vendredi, une manifestation s'est déroulée à Oum al-Fahm, l'une des principales villes arabes d'Israël, pour dénoncer l'opération militaire lancée en Cisjordanie après l'enlèvement de trois Israéliens le 12 juin près d'un bloc de colonies.

Selon M. Netanyahu, des dirigeants arabes israéliens ont publiquement appelé à l'enlèvement de soldats durant ce rassemblement.

"En général, c'est la +branche nord+ du Mouvement islamique qui est derrière ce genre de manifestations et d'appels" a estimé le Premier ministre, précisant que "la plupart des Arabes israéliens" ne cautionnaient pas ces positions et appelant les dirigeants de la minorité arabe en Israël à condamner ces appels à la violence.

"Nous n'avons pas peur de ces menaces", a rétorqué le Mouvement islamique dimanche dans un communiqué fustigeant "l'entêtement aveugle" de M. Netanyahu à vouloir le délégitimer.

Le Mouvement islamique est une organisation légale en Israël mais étroitement surveillée. Elle est divisée entre deux factions rivales: la "branche nord" regroupe les éléments les plus radicaux et la "branche sud" est considérée comme plus modérée.

Les autorités israéliennes soupçonnent la "branche nord" d'être en contact avec le Hamas, qui contrôle sur le plan sécuritaire la bande de Gaza.

Le chef de la "branche nord" du Mouvement islamique, le cheikh Raëd Salah, emprisonné à plusieurs reprises, s'est vu interdire de quitter le territoire pour des "raisons de sécurité" depuis le 18 juin.

La communauté des Arabes israéliens, descendants des 160.000 Palestiniens restés après la création d'Israël en 1948, compte aujourd'hui plus de 1,4 million de personnes, soit 20% de la population totale. Elle souffre de discriminations, en particulier en matière d'emploi et de logement.

sy-dar-jlr/fcc

PLUS:hp