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L'Irak reçoit des avions russes, en pleine contre-offensive contre les insurgés

29/06/2014 05:10 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

L'Irak a reçu de la Russie une première livraison d'avions Sukhoï pour l'aider dans sa contre-offensive face aux insurgés qui se sont emparés de larges pans du territoire, menaçant de provoquer une partition du pays.

L'annonce par Bagdad de cette livraison est survenue alors que les forces gouvernementales ont donné samedi l'assaut pour reprendre la ville de Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein situé à 160 km au nord de Bagdad.

Bagdad bénéficie aussi d'une aide américaine face à l'offensive fulgurante lancée le 9 juin par les insurgés sunnites, qui a fait selon l'ONU plus d'un millier de morts et poussé à la fuite des centaines de milliers d'habitants. Menés par les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ces insurgés sont soutenus par d'ex-officiers de l'armée de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus,

Sur le plan politique, les appels en Irak et à l'étranger en faveur de la mise en place d'un gouvernement d'union se sont multipliés, une idée à laquelle le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé notamment d'avoir marginalisé les sunnites, a semblé finalement se rallier cette semaine. Le Parlement doit se réunir mardi pour déclencher le processus.

Les Su-25, qui viennent d'être livrés par Moscou, devraient être conduits par des pilotes de l'armée de l'air du temps du régime déchu de Saddam Hussein, qui ont eu l'habitude de piloter ces avions d'attaque au sol, a indiqué un responsable irakien.

Après l'invasion de l'Irak, qui s'est traduite par la chute du régime baasiste en 2003, les Etats-Unis avaient dissous l'armée et les services de sécurité, et exclu tous les fonctionnaires du régime de Saddam Hussein.

Jeudi, M. Maliki avait annoncé que Bagdad allait acheter plus d'une douzaine d'avions à la Russie, un accord estimé à quelque 368 millions d'euros.

- Pas 'les bras croisés' -

Samedi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a affirmé que son pays ne resterait pas "les bras croisés" face à l'offensive des jihadistes en Irak. "La situation est très dangereuse (...) et menace les fondements de l'Etat irakien" a-t-il dit, tout en insistant sur le fait qu'en Syrie comme en Irak, la solution ne pouvait venir que d'un "véritable dialogue national".

Sur le terrain, l'armée poursuivait pour la deuxième journée consécutive sa contre-offensive pour reprendre Tikrit, chef-lieu de la province de Salaheddine (nord) tombé le 11 juin aux mains des insurgés.

"Les forces irakiennes avancent de différents endroits" autour de Tikrit, a indiqué à la presse le général Qassem Atta, porte-parole de M. Maliki pour la sécurité. "Des combats sont en cours", a-t-il dit, en précisant que les forces gouvernementales avaient fait exploser des bombes posées le long de routes menant à la ville.

L'armée de l'air a lancé des raids sur des positions et repaires des commandants insurgés dans le centre et l'ouest de la ville, selon des témoins. Elle vise notamment les anciens palais de Saddam Hussein, utilisés depuis par l'administration locale, ainsi que sur la grande Place des festivités. Aucun bilan de victimes n'a pu être obtenu dans l'immédiat.

Des milliers de soldats, appuyés par des chars et des équipes de déminage, sont engagés dans les opérations dans le secteur de Tikrit. Jeudi, l'armée avait repris l'université de Tikrit, sur la route menant vers Baïji (au nord).

Plus au nord, des combattants tribaux et locaux soutenus par les forces kurdes avançaient en direction d'un village majoritairement chiite au sud de Kirkouk, dont se sont emparés les insurgés. Au moins un combattant a été tué dans les affrontements.

- Coordination avec les Etats-Unis -

Lors de leur avancée fulgurante, les jihadistes ont mis la main sur Mossoul, deuxième ville d'Irak, une grande partie de sa province Ninive (nord), des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine, Kirkouk et Al-Anbar (ouest). Devant cette offensive, les forces kurdes ont pris le contrôle de la ville multi-ethnique de Kirkouk.

Les Etats-Unis, qui se sont retirés militairement du pays fin 2011 après huit ans d'occupation, ont déployé des drones et annoncé l'envoi de 300 conseillers militaires.

Le général Qassem Atta a ainsi fait état d'une coordination avec les Etats-Unis "sur le terrain pour étudier les cibles importantes".

Washington a aussi annoncé un plan de 500 millions de dollars pour armer et entraîner des rebelles modérés en Syrie voisine afin qu'ils participent à la lutte contre l'EIIL, qui ambitionne d'établir un califat islamique à cheval sur les deux pays.

Au Vatican, le pape a appelé les dirigeants irakiens à tout faire pour "préserver l'unité nationale et éviter la guerre", lors de l'Angélus de dimanche.

Sur le plan humanitaire, les organisations internationales ont tiré la sonnette d'alarme, plus d'1,2 millions de personnes ayant été déplacées dans le pays depuis le début de l'année.

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