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La BRI appelle à trouver une "nouvelle boussole" pour l'économie mondiale

29/06/2014 07:07 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

La Banque des règlements internationaux (BRI) a appelé à trouver une "nouvelle boussole" pour les politiques publiques, insistant sur la nécessité de s'attaquer à l'endettement, afin que l'économie mondiale puisse retrouver le chemin d'une croissance durable, dans son rapport annuel publié dimanche.

Bien que l'économie mondiale ait affiché des signes encourageants l'an passé, la croissance reste dans l'ombre de "la Grande crise financière" dans la mesure où les facteurs qui l'ont provoquée ne sont toujours pas résorbés, a-t-elle expliqué.

La BRI, considérée comme "la banque centrale des banques centrales", a souligné en particulier le contraste entre l'euphorie qui règne actuellement sur les marchés financiers et la faiblesse des investissements dans l'économie réelle, alors même que les perspective macroéconomiques et géopolitiques demeurent très incertaines.

Les politiques monétaires accommodantes menées par les banques centrales pour soutenir la relance ont en effet nourri l'appétit des investisseurs pour les placements à risques, se traduisant par une forte valorisations des marchés d'actions, une étroitesse des écarts de rendement et une abondance d'émissions d'obligations d'entreprise, y compris pour des emprunts de moindre qualité.

La réalité économique est tout autre, a cependant mis en garde la BRI. L'assainissement des finances publiques comme privées dans les pays qui ont été les plus touchés par la crise n'est pas achevé. Les vulnérabilités s'accumulent dans ceux qui ont été épargnés, notamment dans les pays émergents qui ont bénéficié ces dernières années de l'abondance de crédit à bon marché.

Rétablir durablement la croissance exige en conséquence de mettre en oeuvre des politiques ciblées, a estimé la BRI, insistant sur la nécessité de renoncer à faire de la dette le moteur principal de la croissance.

"Une nouvelle boussole est grandement nécessaire", a déclaré Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI, lors d'une conférence téléphonique.

Dans son rapport annuel, la BRI a mis l'accent sur le besoin de faire le distinguo entre les cycles économiques traditionnels, sur lesquels se concentrent habituellement les décideurs économiques, et les cycles financiers, plus longs mais aussi plus dévastateurs lorsqu'ils se contractent.

- Bond du crédit et de l'immobilier -

La crise actuelle trouve en effet son origine dans l'expansion disproportionnée du cycle financier, marqué notamment par un bond inhabituel du crédit et de l'immobilier.

Or la marge de manoeuvre des politiques publiques pour sortir de ce type de crise est étroite, et pourrait encore s'amenuiser, dans la mesure, où l'efficacité des mesures traditionnelles de relance est diminuée notamment par l'accumulation de dette et l'affaiblissement des institutions financières.

Dans les pays les plus touchés par la crise, la BRI préconise de concentrer les efforts sur le redressement des bilans et les réformes structurelles plutôt que sur les stimuli budgétaires et monétaires.

Mais elle incite également les pays épargnés par la crise à ne pas se laisser bercer par un faux sentiment de sécurité, et à renforcer la résistance de leurs systèmes financiers pour éviter un retour brutal à la réalité.

Après des années de taux exceptionnellement bas, les politiques monétaires ont été poussées à leurs limites extrêmes et s'acheminent péniblement vers un retour à la normale.

"Le retournement actuel de l'économie mondiale est une fenêtre d'opportunité précieuse qui ne doit pas être gaspillée", a affirmé Claudio Borio.

"La route risque d'être longue", a-t-il poursuivi.

Sise à Bâle, la BRI, qui héberge des notamment des instances de décision tels que le comité de Bâle de supervision bancaire, tient dimanche son assemblée.

Présidée par le français Christian Noyer, elle compte soixante banques centrales et autorités monétaires parmi ses membres, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon.

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