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FIJM : le spectacle improvisé de Keith Jarrett (CRITIQUE)

29/06/2014 08:05 EDT | Actualisé 01/07/2014 12:32 EDT
AP

Keith Jarrett a offert samedi soir un solo au piano historique à la Maison symphonique de Montréal, alors qu’il se produisait dans le cadre du 35e Festival international de jazz.

Le célèbre pianiste âgé de 69 ans a en effet proposé au public une performance totalement improvisée et enregistrée pour l’occasion.

«C’est impressionnant, c’est un véritable fantasme qui se réalise, de voir un tel spectacle ici», s’est exclamé le directeur artistique et co-fondateur du Festival, André Ménard.

Juste avant de laisser place à celui qui a joué aux côtés de Miles Davis, M. Ménard a demandé au public d’éteindre téléphones intelligents et autres tablettes afin de «profiter du moment présent». Un moment que le virtuose comptait tout bonnement arrêter pour nous transporter au cœur de l’âge d’or de la musique jazz.

Une performance intimidante

Keith Jarrett est entré sur une scène épurée sous les applaudissements intimidés du public, avant de rejoindre son piano, éclairé sous un faisceau de lumière.

Il a alors tout simplement commencé à jouer en fonction de son inspiration et à alterner des morceaux laconiques et pleins de voluptés, à des morceaux plus rythmés, accompagnés de fredonnements. Fidèle à lui-même, le pianiste était quasiment en état de transe, et ne faisait plus qu’un avec son piano, remuant son corps tel un métronome un peu fou, en tapant la mesure avec son pied.

Quasiment possédé, ce sont de véritables histoires qu’il racontait. Des histoires qu’il ponctuait de grimaces et de petites blagues essayant en vain de décontracter ses admirateurs impressionnés.

Tel un gentleman, Keith Jarrett s'est levé entre chaque morceau afin de remercier le public, qui lui, pendu aux allers et venus de ses doigts sur les touches du piano, laissait l’écho de la dernière note jouée mourir, avant d’applaudir chaleureusement le maître du free jazz.

Après une ovation du public et pas moins de trois rappels, il a finalement quitté la scène d’un pas léger, et avec simplicité, laissant planer un peu de magie dans l'air de la Maison symphonique. Quelques notes de folk, de blues, de classique, et un peu de chair de poule aussi.

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