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Festival de Jazz: le seul et unique Elvis Costello (PHOTOS)

29/06/2014 11:25 EDT | Actualisé 01/07/2014 12:27 EDT
David Kirouac

Le Britannique Elvis Costello avait livré une bonne performance sur la grande scène du Festival Osheaga comme tête d’affiche en ce samedi d’été 2011, mais les jeunes spectateurs présents n’étaient pas des plus accoutumés à son travail. À l’époque, Costello était accompagné du groupe de musiciens The Imposters, qu’il a grandement apprécié. Trois ans plus tard, c’est dans une formule complètement différente qu’il partage son œuvre imposante à la Maison symphonique, dans le cadre du Festival international de Jazz (FIJM).

La beauté du travail scénique de Costello repose grandement dans l’idée qu’il adore improviser. Chaque soir est en quelque sorte unique. Jamais il ne propose le même programme de chansons. D’autant plus que le spectre est immense entre les premières chansons écrites à l’adolescence et celles composées pour son plus récent disque intitulé Wise Up Ghost (pas son meilleur album), enregistré avec l’excellent groupe rap américain The Roots.

Detour

Sur la scène, une enseigne lumineuse posée sur un trépied indique ON AIR. À cinq mètres à droite une seconde enseigne porte l’écriteau DETOUR. Le concept est simple, mais il a le mérite d’être clair. Derrière lui, sept ou huit guitares de toutes sortes sont disposées sur les planches. Au-devant de la scène, un clavier. De l’autre côté, une chaise et un second micro où Elvis Costello se sera assis le temps de quelques chansons.

Elvis Costello, de son vrai nom, Declan Patrick MacManus, est arrivé sur scène en pleine forme. Malgré son air décontracté et son joli complet noir (sans oublier le beau chapeau blanc), nous comprendrons 20 morceaux plus tard que l’homme de 60 ans n’était pas au FIJM pour parader. Mieux encore, il a été brillant.

À Toronto, deux semaines auparavant, il avait offert une performance de deux heures et demie, mais ici, à Montréal, c’était décidé depuis le début du concert : « il avait 90 minutes ». Exigences du Festival, fort probablement.

N’empêche, c’était amplement suffisant pour goûter au talent fort versatile de cet auteur-compositeur-interprète.

Au début de la soirée, il a notamment joué Jack of All Parades (album King of America) et la pièce 45 (album When I Was Cruel).

Un peu plus loin, Costello a envoyé une de ses nombreuses anecdotes qui ont pimenté la soirée : « C’est une des premières chansons de moi-même que j’ai entendues à la radio. J’étais tellement gêné que j’ai rapidement fermé les lumières de la cuisine! » Il envoyait Poison Moon.

Spirit

Dès le début, il était facile de réaliser que la scène est pour Elvis Costello un véritable terrain de jeu. Charismatique à souhait, il aime à lancer des blagues, à prendre des pauses et à se balader en interpelant les spectateurs. Il bouge encore bien et semble adorer son travail.

À ce point confortable, qu’il s’est même permis de s’envoyer une gomme à mâcher avant de commencer l’interprétation de You’ve Got to Hide Your Love Away, des Beatles. Superbe performance, d’ailleurs.

« Je vous aime tellement que je vais jouer un morceau que je déteste », a-t-il ironisé juste avant d’aller plus loin avec la chanson Everyday I Write a Book.

À mi-chemin du spectacle, le directeur artistique et vice-président du FIJM, André Ménard, est venu lui remettre le Spirit Award, qui souligne « la qualité et l’innovation de l’œuvre de l’artiste ainsi que l’influence déterminante d’un auteur-compositeur-interprète sur l’ensemble de la musique populaire internationale ». Le chanteur succède à James Taylor (2012), Robert Plant (2011), Smokey Robinson (2010), Stevie Wonder (2009), Leonard Cohen (2008), Bob Dylan (2007), et Paul Simon (2006). Quand même!

En fin de spectacle, de nombreux amateurs ont été comblés lorsque Costello a commencé les premières notes de la magnifique Alison, parue en 1977 sur l’album My Aim Is True. Ovation.

Le Britannique a livré en rappel l’énergique Come The Meantimes, Shipbuilding, l’électrique The Last Year Of My Youth, (What’s So Funny ‘Bout) Peace, Love and Understanding et enfin Jimmie Standing In the Rain.

Très cool.

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