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Ukraine : une deuxième équipe de l'OSCE libérée dans l'est

28/06/2014 03:58 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

Les rebelles prorusses de l'est de l'Ukraine ont libéré samedi une deuxième équipe d'observateurs de l'OSCE, qui avait été enlevée fin mai, un geste qui pourrait favoriser la consolidation du fragile cessez-le-feu, prolongé de trois jours dans l'espoir d'ouvrir un dialogue de paix.

Les quatre observateurs "de l'équipe basée à Lougansk ont été libérés après un mois de captivité", a indiqué la mission de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) en Ukraine sur sa page Facebook.

Les observateurs - une femme et trois hommes - ont été emmenés à Donetsk. Ils semblaient fatigués mais soulagés, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Obligations remplies"

"Nous considérons que nous avons rempli nos obligations", a proclamé le "Premier ministre" de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk, Alexandre Borodaï.

Quatre autres membres de l'OSCE, qui avaient été enlevés le 26 mai par des rebelles prorusses, avaient déjà été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les dirigeants de l'Union européenne, qui ont signé vendredi un accord d'association historique avec l'Ukraine l'éloignant du giron russe au grand dam de Moscou, ont à cet égard donné jusqu'à lundi à la Russie pour prendre des mesures visant à mettre fin à une insurrection séparatiste, sous peine de sanctions.

Le ministre russe de l'Economie, Alexeï Oulioukaev, a averti samedi que de nouvelles sanctions pourraient avoir des "conséquences graves" sur la croissance économique de son pays.

Alors que la nuit avait été "plus ou moins calme" dans la région industrielle russophone du Donbass, un porte-parole pour les opérations militaires ukrainiennes, Oleksii Dmitrachkivski, a annoncé la mort de trois soldats samedi dans une attaque contre des positions ukrainiennes près de Slaviansk, place-forte des insurgés.

- "Mieux vaut une mauvaise paix" -

Sans évoquer ces nouvelles pertes, le ministre ukrainien de la Défense, Mikhailo Koval, a néanmoins haussé le ton : "Tout le monde sait qu'il vaut mieux une mauvaise paix qu'une bonne guerre. (...) S'il n'y pas de solution pacifique, nous détruirons les militants" qui refusent de déposer les armes", a-t-il menacé, cité par une agence de presse ukrainienne.

De leur côté, des gardes-frontières russes de la région de Rostov-sur-le-Don, frontalière de l'Ukraine, ont affirmé samedi qu'un poste-frontière et des villages en territoire russe avaient été touchés par trois obus tirés par l'armée ukrainienne, endommageant un bâtiment des douanes.

Le président Petro Porochenko, soutenu par les Occidentaux et investi le 7 juin, a annoncé vendredi soir que le cessez-le-feu d'une semaine qu'il a ordonné à ses troupes d'appliquer, et qui a ensuite été accepté côté rebelle, était prolongé de 72 heures. Le temps, espère-t-il, que la Russie mette fin aux "infiltrations" d'armes et de combattants.

Mais vendredi soir, des rebelles ont pris le contrôle d'une base du ministère de l'Intérieur abritant une usine de munitions à la périphérie de Donetsk, fief de rebelles. Samedi, les séparatistes donnaient le choix à la centaine de soldats : prêter allégeance à la Russie ou rentrer chez eux, selon un journaliste de l'AFP.

L'UE a, quant à elle, posé à Moscou quatre conditions à remplir d'ici lundi à la mi-journée, dont "l'ouverture de négociations de fond sur l'application du plan de paix" de M. Porochenko.

Ce plan, rendu public la semaine dernière, prévoit notamment la création d'une zone tampon à la frontière entre l'Ukraine et la Russie, la mise en place d'un couloir pour permettre aux mercenaires, selon Kiev, et rebelles venus de Russie de rentrer chez eux après avoir déposé les armes, ainsi qu'une décentralisation en Ukraine.

L'UE réclame en outre un accord sur "un mécanisme de vérification, supervisé par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe du cessez-le-feu", le "retour de l'autorité ukrainienne sur trois points de la frontière" avec la Russie et la libération de tous les otages.

La prorogation du cessez-le-feu intervient dans un contexte de nouvelles tensions entre Kiev et Moscou après la signature à Bruxelles du dernier volet d'un accord d'association avec l'Union européenne.

Vladimir Poutine a dénoncé le "coup d'Etat anticonstitutionnel à Kiev" qui y a abouti à la mise en place d'un régime pro-occidental et le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a averti que la conclusion de l'accord avec l'UE aurait des "conséquences graves" sur les relations commerciales avec l'Ukraine, déjà privée depuis deux semaines de gaz russe faute d'un accord sur le paiement de sa facture de gaz.

La signature de l'accord avec l'UE était initialement prévue pour novembre dernier, avant la volte-face du président prorusse de l'époque Viktor Ianoukovitch, qui a préféré obtenir une aide économique de Moscou.

Ce retournement de situation avait provoqué la contestation qui a conduit à la chute en février de M. Ianoukovitch, suivie du rattachement de la Crimée à la Russie, et de la rébellion prorusse ayant entraîné en avril le déclenchement d'une opération militaire ukrainienne contre les insurgés.

bur-lap/bds

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