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Quelques milliers de manifestants à la Gay Pride de Paris

28/06/2014 12:44 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

"Nous existons, nous exigeons des droits": quelques milliers de personnes ont bravé la pluie samedi à Paris pour prendre part à une Gay Pride aux accents très revendicatifs, notamment sur la famille et les discriminations liées à l'orientation sexuelle.

Un an après la légalisation du mariage homosexuel, l'édition 2014 de cette manifestation, bien moins suivie que l'an dernier, avait un goût de déception, alors que le gouvernement socialiste n'a pas ouvert la procréation médicalement assistée (PMA) aux lesbiennes.

"L'an dernier, on a fait la fête, j'ai pu me marier en septembre", raconte Pascal, 50 ans. "Mais cette année, on a l'impression que le gouvernement est figé. Je ne voudrais pas que tous les 15 ans on ait une avancée et qu'il faille attendre 15 ans de plus pour la suivante".

Sur l'un des chars, décoré d'outils, de pinceaux et de taches de peinture, une formule condense le sentiment des participants: "Egalité: le chantier a été bâclé".

Un autre affiche en grosses lettres: "Gouines en colère". "On est en colère parce qu'avec le mariage pour tous, on nous avait dit que ça nous permettrait d'adopter les enfants de notre partenaire. Mais en fait, on n'a rien obtenu qui sécurise notre vie de famille", explique Aurélia, 35 ans.

Des décisions de justice récentes ont refusé à des lesbiennes l'adoption de l'enfant de leur conjointe né par PMA à l'étranger.

Parmi les revendications portées par la Gay Pride figure donc une nouvelle loi sur la famille. La lutte contre l'homophobie était aussi au coeur de la manifestation. Selon le collectif Inter-LGBT, la parole homophobe s'est libérée lors des grandes manifestations d'opposants au mariage homosexuel début 2013 et cela a entraîné une hausse des menaces et des actes homophobes.

La star britannique de la chanson Tara McDonald, marraine de l'événement, s'est dite "choquée" par ces manifestations. "Cela montre qu'il reste du travail à faire", selon elle, "il faut faire évoluer les mentalités et éduquer les gens".

"Il y a deux jours encore, un jeune s'est jeté d'un pont parce que sa famille le rejetait", déclare Nicolas Rividi, de l'Inter-LGBT. "Là encore, le compte n'y est pas du côté du gouvernement. Les engagements sont tenus à minima et encore", ajoute-t-il.

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