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Présidentielle 2017 en France: à droite, trois hommes pour un fauteuil

28/06/2014 06:39 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

Avant l'élection de François Hollande, ils occupaient le devant de la scène politique française. Aujourd'hui Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé monopolisent l'attention à droite, pas pour faire route ensemble mais pour s'affronter en vue de la présidentielle de 2017.

L'ancien président français (2007-2012), son Premier ministre François Fillon, et l'ex-numéro deux de son gouvernement, Alain Juppé, partagent tous trois la même ambition: être celui qui représentera leur camp au prochain scrutin présidentiel.

Pour le moment, M. Fillon (60 ans) est le seul des trois à avoir déclaré sa candidature à une primaire prévue au sein du parti UMP en 2016. Xavier Bertrand (49 ans), ancien ministre, est lui aussi candidat. M. Juppé (69 ans le 15 août) hésite encore un peu et affirme que "oui", c'est une possibilité qu'il étudie.

Quant à M. Sarkozy (59 ans), dont le retour en politique est de plus en plus évident même s'il n'a pas été officialisé, il observe et évalue. "C'est encore le temps de la réflexion", a-t-il lancé jeudi, devant l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), association de jeunes gaullistes.

Une fois n'est pas coutume, des journalistes avaient été invités à assister à l'événement. "Je m'en tiens" à la position affichée le 6 mai 2012, au soir de la défaite face au socialiste François Hollande, glisse-t-il. Il avait alors assuré être redevenu "un Français parmi les Français". "Il n'y a pas de raison de bousculer le calendrier maintenant".

Tout est dans le "maintenant". L'ancien président est sur les rangs pour 2017, ce qui passe, selon ses amis, par la case "président de l'UMP", dont l'élection aura lieu le 29 novembre.

Une case que l'ancien président n'avait en fait pas prévu de cocher. Mais l'affaire des fausses factures de la société Bygmalion, attribuées au parti UMP alors qu'elles concernaient des dépenses de campagne présidentielle, est passée par là. Elle a provoqué la démission du président de la formation, Jean-François Copé, qui ambitionnait lui aussi de représenter la droite en 2017, et va jusqu'à menacer la survie du parti.

- 'Longueur d'avance' -

"Celui qui sera élu en novembre aura forcément une longueur d'avance sur les autres (en vue de 2017). C'est une évidence", a souligné en fin de semaine Luc Chatel, secrétaire général de l'UMP.

Deux anciens ministres sont déjà officiellement candidats pour la présidence de l'UMP: Hervé Mariton et Bruno Le Maire. Selon des responsables UMP, Nicolas Sarkozy pourrait déclarer sa candidature fin août, lors d'une réunion de jeunes membres de l'UMP.

Contrairement à M. Sarkozy, M. Fillon n'est pas intéressé par la présidence de l'UMP.

Il vise directement la primaire et travaille d'arrache-pied à son projet. Après des mesures sur l'éducation, il a proposé jeudi 23 propositions libérales pour redonner de la "liberté" aux Français et les sortir de la "peur" (d'investir, d'entreprendre...) qui les étouffe selon lui depuis que les socialistes sont au pouvoir: retraite à 65 ans, plafonnement des allocations chômage, baisse de 50 milliards d'euros des impôts des entreprises, suppression de l'Impôt sur la fortune, simplification du code du travail...

François Fillon ne croit pas au retour de Nicolas Sarkozy en raison des affaires judiciaires dans lesquelles le nom de ce dernier est cité, une demi-douzaine.

Alain Juppé, ancien Premier ministre mal aimé de Jacques Chirac devenu tout aussi populaire que Nicolas Sarkozy, loin devant François Fillon, a récement affirmé qu'il ne voulait pas revenir à la tête de l'UMP. Ces dernières années, il s'était prononcé pour que le patron de l'UMP ne puisse pas être candidat à la primaire du parti pour la présidentielle afin de ne pas fausser l'équité des candidatures à ce round interne à la formation de droite.

Selon certaines sources à l'UMP, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé auraient un deal: si l'un va à la présidentielle, l'autre le soutient mais ils n'iront pas l'un contre l'autre. François Fillon, lui, a prévenu. Il ira, "quoi qu'il arrive". La guerre à l'UMP continue.

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