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Mondial-2014 - Mexique: Rafael Marquez, le retour du patron

28/06/2014 02:00 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Tiré d'une confortable retraite internationale par un sélectionneur persuasif, le capitaine du Mexique Rafael Marquez vit une deuxième jeunesse au Mondial au Brésil, où il est redevenu tout naturellement le patron de la "Tricolor", opposée aux Pays-Bas en huitièmes de finale.

"Dès ma nomination, je lui ai téléphoné pour lui dire qu'il devait être le leader", a expliqué Miguel Herrera, appelé à la rescousse à l'automne dernier, avant un barrage gagné contre la Nouvelle-Zélande.

"J'avais besoin d'une voix qui porte et je lui ai redonné le brassard en lui disant qu'il était le premier sur la liste des 23. Il est en train de répondre à toutes mes attentes", a poursuivi l'entraîneur.

A 35 ans, celui qu'on surnomme le "Kaiser du Michoacan" dans une double référence à Franz Beckenbauer et à sa région de naissance avait repris des couleurs dans le Championnat mexicain, à Léon, après se l'être coulé douce pendant trois ans chez les New York Red Bulls. Son retour au pays lui a permis d'ajouter deux titres nationaux à l'impressionnante collection accumulée à Barcelone (2003-2010).

"Il y a un an il n'était pas en bonne condition, mais il ne me semble pas qu'on l'ait sélectionné pour son passé, mais parce qu'il est revenu dans une forme excellente", a dit à l'AFP l'ancien international Luis Garcia.

Le retour du vétéran, qui joue sa quatrième Coupe du monde en tant que capitaine, a produit immédiatement ses effets. "Cela a eu une grosse influence sur les autres gars. Ils le respectent énormément et voient en lui un leader naturel", dit Herrera.

"Rafa Marquez, c'est le maréchal, le commandant en chef, le gars le plus intelligent, le plus lucide et le plus technique de l'équipe", confirme Luis Garcia.

- La meilleure défense du Mondial -

Le sélectionneur a élaboré un système défensif sur mesure pour que l'ex-Monégasque (1999-2003) se sente à l'aise. Marquez y évolue en libéro, avec deux autres défenseurs centraux à ses côtés, afin que ses qualités de relanceur puissent s'exprimer pleinement.

La réussite de cette arrière-garde à cinq est pour le moment éclatante: en trois matches, le Mexique n'a encaissé qu'un seul but, soit la meilleure performance défensive du Mondial à égalité avec la Belgique.

Et Marquez a même marqué un but de la tête lors de la victoire sur la Croatie (3-1), décisive pour la qualification pour les huitièmes de finale, la sixième d'affilée du Mexique. C'était son troisième but dans trois Coupes du monde différentes, une rareté pour un défenseur.

Marquez a repris une telle importance dans le dispositif mexicain qu'on se demande comment l'ancien sélectionneur José Manuel de la Torre avait pu l'écarter de l'équipe en 2012, dans une tentative de rajeunissement qui a failli tourner au désastre. C'est in extremis que le Mexique a arraché un place de barragiste, dans une zone de qualification Concacaf qu'il a l'habitude de dominer. Le "Tri" n'a pas manqué une Coupe du monde depuis 28 ans.

Désormais, "Rafa" rêve de "marquer l'histoire" en conduisant son pays à un premier quart de finale depuis la Coupe du monde à domicile en 1986, voire pourquoi pas à une première demi-finale tout court.

Une seule crainte pour les Mexicains: que ce beau gosse qu'on verrait bien dans un rôle de justicier au cinéma ne se laisse enfermer une nouvelle fois dans celui du méchant. Deux fois déjà en grande compétition il a reçu un carton rouge: en huitième de finale du Mondial-2002 contre les Etats-Unis, puis à la Coupe des Confédérations 2005 contre l'Argentine.

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