NOUVELLES

Mondial-2014 - Argentine-Suisse, c'est-à-dire Messi-Benaglio

28/06/2014 05:31 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

"Tu peux regarder toutes les vidéos que tu veux"... Entre fatalisme et admiration, le gardien suisse Diego Benaglio s'apprête à vivre son plus grand défi en se présentant devant l'Argentin Lionel Messi mardi en 8e de finale du Mondial-2014.

Le quadruple Ballon d'Or, jusqu'alors grand maudit de la Coupe du monde avec un bilan en demi-teinte en 2006 et 2010, a jusqu'à présent martyrisé la confrérie des gardiens au Brésil en marquant à chacun de ses trois matchs de groupes, pour un total de 4 buts, comme le Brésilien Neymar et l'Allemand Thomas Müller, co-meilleurs buteurs du tournoi.

Le N.10 et capitaine argentin, qui peut encore marcher sur les traces de son glorieux prédécesseur Diego Maradona période Mondial-1986, a désormais rendez-vous avec un autre Diego.

A vrai dire, les deux se connaissent déjà, et Messi a brillé à chacune de leurs deux confrontations en amical: une passe décisive en juin 2007 à Bâle (1-1), puis rien moins qu'un triplé, son premier pour l'Albiceleste, en février 2012 à Berne (3-1), avec deux buts dans les dernières minutes, dont un penalty.

Dans l'historique des six rencontres suisso-argentines, la +Nati+ n'a d'ailleurs jamais battu l'Argentine (4 défaites, 2 nuls).

- Espagnols écoeurés -

Sur un ton toujours égal, dénué de toute nervosité, Benaglio (60 sélections) se remémore ces deux dernières: "Les deux matchs étaient assez similaires, dans le deuxième c'était un nul 1-1 pendant longtemps. Il y a eu peu d'occasions, ce sera important de reproduire cela. On doit être persuadé qu'on a nos chances, le foot est fait de surprises et on doit y croire".

Comment se prépare-t-on à affronter un tel monstre ? "Il a la capacité de faire seul la différence, et fait des choses qu'on ne peut pas prévoir. Il faudra essayer de faire en sorte qu'il ne rentre pas dans le match, même s'il n'est pas seul, il y a aussi d'autres joueurs. On va tout faire pour le mettre en difficulté".

Mais Messi, tout de même! "Il a des qualités que beaucoup d'autres n'ont peut-être pas, mais ce n'est pas nouveau. Tu peux regarder toutes les vidéos que tu veux, ça ne sert à rien quand il fait quelque chose de différent dans un moment décisif et fait comme ça la décision".

Le gardien de Wolfsburg (30 ans) semble imperméable à la pression. Il faut dire qu'il sait se transcender dans les grands matchs, comme lorsqu'il avait littéralement écoeuré l'Espagne (battue 1-0 contre le cours du jeu) à l'entame d'un Mondial-2010 qu'elle allait pourtant remporter.

Moins heureux dernièrement face à la France (défaite helvète 5-2), il a tout de même arrêté un penalty de Karim Benzema. Pour lui, "cela n'influe pas tellement sur une situation ultérieure de penalty. Dans le cas d'un penalty, la pression est sur le joueur de champ".

- Fébrilité défensive -

Le N.1 suisse a sa partition à jouer mais compte sur l'équipe dans son ensemble. "Il ne s'agit pas seulement de savoir comment seront les défenseurs, mais comment en tant qu'équipe on pourra rendre la vie difficile aux Argentins, souligne-t-il. Chacun devra défendre, les attaquants auront leurs tâches de ce point de vue, pour les gêner dans leur moitié de terrain".

Sauf que la solidité défensive en général et la défense en zone en particulier pose question, entre le naufrage face aux Bleus et la fébrilité affichée devant l'Equateur (2-1) puis le Honduras malgré le large succès sur un triplé de Shaqiri (3-0).

"Il ne faut pas remettre en cause ce qu'on a bien fait pendant des mois, balaie-t-il. Nous avons défendu en zone en qualifications et avons très peu souffert sur coups de pied arrêtés. Il y a toujours des choses qu'on peut améliorer, c'est normal, dans toutes les équipes c'est comme ça, on va voir comment les corriger dans les jours qui viennent".

Et on verra, mardi, si Lionel corrige Benaglio, ou Diego Messi.

ybl/dhe/bm

PLUS:hp