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Mondial-2014 - Allemagne: du peps au Bahia Munich

28/06/2014 01:00 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Traditionnel en équipe d'Allemagne, l'accent du Bayern Munich a pris sous l'influence de Pep Guardiola une tournure "barcelonaise" au sein de la sélection au Mondial-2014, hébergée dans l'Etat de Bahia (nord-est du Brésil).

Une vidéo circule sur les réseaux sociaux où l'on voit Neuer et Schweinsteiger chanter comme des supporters "Bahia! Bahia!", du nom du club où a évolué leur coéquipier brésilo-bavarois Dante et basé à Salvador, la capitale de l'Etat éponyme, aux couleurs rouge et bleu... comme le Bayern.

Au delà de l'anecdote, le club allemand a totalement noyauté la Nationalmannschaft - et ce n'est sans doute pas un hasard s'il a officialisé à la veille du match d'ouverture la prolongation de contrat de Lahm et Müller (respectivement jusqu'en 2018 et 2019), comme pour donner le ton.

A chacun des trois matches de la sélection au premier tour ont débuté six joueurs du FCB. Schweinsteiger pourrait avoir gagné sa place au détriment de Khedira et Götze revenir dans le onze de départ, ce qui en ferait sept en huitième de finale lundi contre l'Algérie: Neuer, Boateng, Lahm, Schweinsteiger, Kroos, Götze et Müller.

- Lahm... -

"Le milieu avec Kroos, Schweinsteiger et Lahm a été très bon, toujours disponible et aussi tactiquement très variable", s'est félicité le sélectionneur Joachim Löw après la victoire sur les Etats-Unis (1-0) à propos de trois joueurs qui se connaissent par coeur.

"Ce n'est pas un handicap quand des joueurs qui se connaissent en club évoluent ensemble, a renchéri le gardien Neuer. Ils connaissent parfaitement le schéma, les automatismes fonctionnent".

Surtout quand ce club vient de réaliser une saison quasi-parfaite, avec un doublé Coupe-Championnat d'Allemagne, tout juste assombri par la claque en demi-finale de Ligue des champions (1-0 et 4-0 infligés par le Real Madrid).

Joachim Löw entend bien transposer en équipe nationale cette puissance et n'a ainsi pas hésité à suivre son homologue bavarois dans sa décision cardinale, le repositionnement de l'arrière latéral Lahm en sentinelle.

Les deux techniciens sur leur capitaine commun ? Du copié-collé ou presque. "Pep" dixit: "C'est le joueur le plus intelligent que j'aie jamais entraîné". "Jogi" dixit: "Philipp est un joueur qui peut jouer à toutes les positions. Je crois qu'il est le seul au monde à être aussi polyvalent et à produire partout des performances d'aussi haut niveau".

Autre choix tactique similaire, le recours à Müller en pointe, c'est-à-dire un "faux 9", comme Fabregas avec l'Espagne à l'Euro-2012 ou, toutes proportions gardées, Messi au Barça.

- ... et l'esprit -

Joachim Löw loue le jeu estampillé FCB, comme l'a montré son message de félicitations pour le titre de champion acquis à sept journées du terme: "Remporter le titre aussi vite, c'est un résultat pour lequel on ne peut que féliciter tous les responsables du club et avant tout Pep Guardiola. Il a fait encore évoluer l'équipe, il a mis son empreinte sur la domination et en matière de possession du ballon. Les joueurs sont en extrême confiance".

Confiance dont bénéficie ensuite la sélection. Et louer, c'est aussi prendre en location, ce que Joachim Löw a fait du précepte du "toque": c'est la Nationalmannschaft qui a fait le plus de passes parmi les 32 équipes de la Coupe du monde (2120), devant l'Espagne (2071), tout en connaissant le meilleur taux de réussite de ces passes (85%). L'Allemagne a eu la possession dans ses trois rencontres (54%, 59%, 63%). Des prouesses proprement "guardiolesques".

"Nous n'avons pas de grande différence dans la philosophie, avait reconnu au début du tournoi son adjoint Hansi Flick. Nous profitons du fait que le Bayern s'y entraîne au quotidien. Nous sommes très proches de sa philosophie, mais nous la mélangeons avec l'idée de venir plus vite au but".

La possession stérile assortie d'un manque de peps est justement l'écueil que rencontre depuis quelques temps le jeu à la barcelonaise, comme l'ont montré les récentes déconvenues du Barça, au bout d'une saison sans trophée majeur, et de l'Espagne, éjectée du Mondial-2014 au premier tour.

"Jogi" le sait. Et prend donc soin d'aiguiser la concurrence en attaque.

sid-ybl/fbx

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