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Les islamistes shebab plus déterminés à frapper hors de Somalie (ONU)

28/06/2014 01:09 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

Les islamistes somaliens shebab sont plus déterminés aujourd'hui à frapper hors de Somalie, a estimé samedi le représentant spécial de l'ONU dans ce pays, Nick Kay, appelant à une collaboration plus étroite entre les pays de la région.

Les shebab, liés à Al-Qaïda, "ont la capacité et la volonté de mener des attaques dans la région depuis un moment", mais aujourd'hui "leur volonté de mener des attaques au-delà de la Somalie" est "plus forte", a déclaré à l'AFP M. Kay, en visite à Nairobi.

Cette organisation "a un ordre du jour régional", ses hauts responsables considèrent "qu'ils poursuivent des objectifs dépassant le simple ordre du jour national somalien", a-t-il poursuivi.

Cette menace "nécessite que les pays de la région, avec le soutien de la communauté internationale, soient beaucoup plus unis dans leur approche", a-t-il estimé, évoquant "partage des informations" et "contrôle des frontières".

Les shebab ont multiplié récemment les attaques contre des pays fournissant des troupes à la force de l'Union africaine (Amisom), soutenue par l'ONU, qui les combat depuis 2007 en Somalie.

Ils ont surtout visé le Kenya, revendiquant le carnage dans le centre commercial Westgate de Nairobi, en septembre 2013 (au moins 67 morts), et deux raids qui ont fait mi-juin une soixantaine de morts sur la côte kényane. Le président kényan Uhuru Kenyatta a nié leur implication dans ces dernières attaques, les attribuant à des réseaux politico-criminels locaux, mais cette théorie laisse sceptiques de nombreux observateurs.

La Somalie reste en tout cas "la base des shebab, où ils ont leurs fiefs", a souligné M. Kay.

Il est donc "très important que la Somalie soit stabilisée et que les Somaliens bénéficient d'un gouvernement qui leur rende des comptes et qui travaille vraiment dans leurs intérêts", a-t-il jugé.

Le pays est désormais engagé dans "un processus politique", avec "une nouvelle Constitution fédérale" attendue en 2015 et des élections en 2016, s'est-il félicité. Selon lui, ce calendrier est "toujours tenable" même s'il exige que les autorités somaliennes avancent rapidement.

Chassés de Mogadiscio en août 2011, les shebab ont abandonné un à un la quasi-totalité de leurs bastions du sud et du centre de la Somalie, mais contrôlent toujours de vastes zones rurales et mènent des attaques de guérilla. Ils ciblent régulièrement les institutions somaliennes et l'Amisom, qui compte quelque 22.000 hommes.

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