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«Exil», l'odyssée d'un clandestin (PHOTOS)

28/06/2014 11:02 EDT | Actualisé 28/06/2014 11:02 EDT
Courtoisie

Sous ses allures de documentaire-choc, Exil, la nouvelle fiction du Québécois Charles-Olivier Michaud nous entraîne dans les méandres de la clandestinité pour un adolescent d’Haïti. Tournée aux Québec, aux États-Unis et dans les Caraïbes, cette œuvre frontale met un visage sur tous les malchanceux, forcé un jour de quitter leur pays. Entrevue.

De son ancienne vie dans le monde des affaires, Charles-Olivier Michaud a gardé le costume et la chemise bien ajustée. Hormis cette trahison vestimentaire, le réalisateur originaire de Saint-Romuald sur la Rive-Sud de Québec a depuis troqué la finance pour le 7e art.

«Je travaillais en développement d’affaires, explique-t-il en entrevue. Je voyageais à travers le monde, mais ce métier ne me plaisait pas. Alors, j’ai décidé en 2006 de tout lâcher pour aller faire ce que j’avais au fond toujours envie de faire : du cinéma.»

Et il n’a pas perdu son temps. Après Sur le rythme et l’acclamé Neige et cendres, voilà que l’homme de 34 ans accompagne maintenant la sortie en salles de son troisième film Exil. «Il existe des parallèles avec Neige et cendres, car les personnages sortent encore de leur zone de confort. Mais Exil demeure une œuvre laboratoire, une sorte d’essai cinématographique. La narration y est différente. J’ai privilégié les grands angles tout en conservant la lumière naturelle», explique-t-il.

Comme son titre l’indique, Exil, c’est l’histoire d’un départ abrupt, celui de Samuel (Francis Cléophat, 12 ans), un jeune garçon d’Haïti qui doit quitter en catastrophe son pays après l’enlèvement par les autorités de son père journaliste. Désirant rejoindre aux États-Unis une mère qu’il n’a jamais connue, l’ado entreprend un voyage dangereux qui le mènera de Miami à New York en passant par Montréal.

«Je n’avais jamais travaillé avec un acteur aussi jeune auparavant. J’ai choisi Francis après avoir auditionné plus de 200 garçons! Même s’il n’avait jamais été devant une caméra, je l’ai trouvé formidable et très mature pour son âge, d’autant plus que le film se construit du point de vue du personnage principal. Il fallait donc préserver un côté innocent, presque naïf.»

Un tournage international

Avec ce long métrage initié par le producteur Réal Chabot, le cinéaste voulait se donner de nouveaux défis, tenter d’autres choses. «Lorsque le projet de ce film est arrivé, j’ai vu tout son potentiel. À l’aide d’une petite équipe, on a tourné en République dominicaine pour les scènes qui devaient se dérouler à Haïti et à Miami. Ensuite on est allé à New York et à Montréal. Cette expérience s’est avérée unique.»

Et puis, ce qui l’a marqué par-dessus tout, ce sont les gens, les rencontres à travers plusieurs lieux, souvent aux antipodes les uns des autres. «Les immigrants me fascinent, qu’ils viennent de l’autre bout du monde ou d’un autre coin du pays. Mais malheureusement, ils sont invisibles. On ne s’intéresse généralement pas à eux ni à leur destin. Mon film est une sorte de prétexte pour poser la caméra sur un enfant qui représente au fond cet autre dont on ignore le parcours.»

Au final, l’œuvre est allée jusqu’à changer la perception du réalisateur sur ces personnes qui ont un jour dû quitter leur pays, à l’instar de Samuel. «J’ai compris leur quotidien. J’ai vu des endroits pauvres où des populations vivent dans une misère noire. À la télévision, les nouvelles défilent sans humanité. Faire ce film m’a donné un coup de réalité et m’a surtout appris à ne pas juger sur une première impression.»

Exil – Filmoption International – Drame – 100 minutes – Sortie en salles le 27 juin 2014 – Canada, Québec.

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