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Wojciech Janowski, homme d'affaires discret en apparence insoupçonnable

27/06/2014 09:18 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Homme d'affaires discret, versé dans les oeuvres caritatives, Wojciech Janowski, consul honoraire de Pologne à Monaco jusqu'à sa révocation vendredi, faisait figure de gendre idéal avant l'assassinat de sa belle-mère, la riche héritière monégasque Hélène Pastor, dont il a été le commanditaire.

Agé de 64 ans, cet homme divorcé un peu enrobé, visage carré, regard bleu délavé sous un casque de cheveux poivre et sel, arrive à Monaco il y a une vingtaine d'années. Il rencontre au cours d'une soirée la fille d'Hélène Pastor, Sylvia, et s'installe dans la Principauté, raconte une proche de la famille. Le couple a depuis eu une fille, aujourd'hui adolescente.

Parlant, outre le polonais, l'anglais et le français avec un fort accent, Wojciech Janowski a tout d'un entrepreneur accompli : patron de Firmus SAM, une société ayant son siège à Monaco et spécialisée dans les nanotechnologies, il préside aussi l'Hudson Oil Corporation, compagnie pétrolière canadienne qui exerce ses activités en Europe de l'Est. Diplômé de Cambridge, il fait partie de la Chambre de commerce nationale de Pologne.

Auparavant, il avait exercé au sein du groupe hôtelier britannique Grand Metropolitan et avait été chargé en 1985-1986 des relations publiques pour les jeux américains au casino de Monte-Carlo.

Consul honoraire de Pologne depuis juin 2007 à Monaco, Wojciech Janowski assumait une charge purement honorifique. Elle lui a été retirée vendredi par le ministère polonais des Affaires étrangères qui a invoqué "la perte de sa bonne réputation et de sa fiabilité".

- "Ces deux femmes, je les aime" -

Parallèlement, Wojciech Janowski était très actif dans le domaine caritatif. Il s'est notamment engagé auprès d'oeuvres catholiques, mais aussi en faveur de la lutte contre l'autisme à travers l'association qu'il a cofondée en 2012 "Monaco against Autism", dont la princesse Charlène est présidente d'honneur et dont il est vice-président. "Il aidait aussi beaucoup la communauté polonaise", assure-t-on dans l'entourage de la famille Pastor.

En 2010, le président français Nicolas Sarkozy le fait officier de l'Ordre national du mérite. Peu après, Wojciech Janowski se rapproche de l'Ordre de Malte à Monaco. "Il voulait y entrer, mais j'ai été obligé de lui dire non car l'ordre est très strict et nous n'acceptons pas en notre sein les personnes divorcées", témoigne René Croési, président de cette association à Monaco, parlant d'une personnalité "affable, courtoise, généreuse, un peu vieux siècle".

Wojciech Janowski et sa compagne - qu'il surnommait "Sissi" - se montraient plutôt discrets sur le Rocher, apparaissant néanmoins à l'occasion de réceptions consulaires et dans le cadre de mondanités liées à des actions caritatives.

Stupéfait de la mise en accusation de l'homme d'affaires polonais, un des 82 consuls de la Principauté souligne sous couvert d'anonymat qu'il se présentait comme une personne "distinguée, toujours le sourire" aux lèvres et ayant "assez de moyens financiers pour ne pas avoir besoin" de convoiter une partie de la fortune de la famille Pastor.

"Le couple était à l'abri de tout problème d'argent", confirme une source proche de celui-ci, qui décrit M. Janowski comme étant un homme "gentil, mais un peu obséquieux, plutôt chevalier servant que mari attentionné avec Sissi", assurant que cette dernière ne "semblait pas très heureuse".

"Il aimait à dire : +Ces deux femmes, je les aime+, parlant d'Hélène et de Sissi, pour montrer qu'il les avait mises sous sa protection. C'est sordide, lorsqu'on voit quel projet funeste il avait manigancé", conclut cette même source, ayant réclamé l'anonymat le plus strict.

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