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Ukraine : l'UE donne trois jours à la Russie pour des actions concrètes, sous peine de sanctions

27/06/2014 08:22 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Les dirigeants de l'Union européenne, réunis vendredi à Bruxelles, ont donné trois jours à la Russie pour engager des actions concrètes destinées à faire baisser les tensions dans l'est de l'Ukraine, sous peine de nouvelles sanctions.

De son côté, le président ukrainien Petro Porochenko a décidé de prolonger de 72 heures le cessez-le-feu entre les forces ukrainiennes et les séparatistes prorusses des régions orientales qui devait expirer vendredi à 19H00 GMT, a-t-on appris de source diplomatique européenne.

M. Porochenko n'a pas explicitement confirmé cette information, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles après une rencontre avec ses homologues des 28 Etats membres de l'UE. "C'est à moi de prendre la décision. Je dois consulter le Conseil de défense, mais l'heure limite est 22H00 (19H00 GMT), donc la décision doit être prise aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Union européenne pose quatre conditions devant être remplies d'ici à lundi à la mi-journée, dont "l'ouverture de négociations de fond sur l'application du plan de paix du président (ukrainien) Porochenko", selon les conclusions du Conseil.

L'UE réclame en outre un accord sur "un mécanisme de vérification, supervisé par l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), du cessez-le-feu", le "retour de l'autorité ukrainienne sur trois points de la frontière" avec la Russie et "la libération des otages, y compris tous les observateurs de l'OSCE".

Décrété par Kiev et accepté par les rebelles, le cessez-le-feu a été violé de manière sporadique.

Le Conseil européen "va examiner la situation" au début de la semaine prochaine et "prendre les mesures nécessaires" au besoin, a précisé le texte. Il réaffirme être prêt à "se réunir à n'importe quel moment" pour mettre en oeuvre de nouvelles sanctions.

"Il y a la volonté, par la fermeté et le dialogue avec le président Poutine, de vraiment arriver à des conditions de désescalade et de règlement de la situation sur le terrain", a commenté la source diplomatique.

Les Européens appliquent depuis quatre mois une série de sanctions visant des responsables russes ou ukrainiens prorusses, frappés d'un gel d'avoirs dans l'UE et d'une interdiction de voyage dans l'espace communautaire.

De nouvelles sanctions pourraient se traduire par des mesures ciblées plus étendues ou des mesures de type "phase 3" susceptibles d'avoir un fort impact sur l'économie russe.

De source diplomatique, on a précisé que le délai de 72 heures proposé par le président Porochenko devait permettre de réunir un certain nombre de "conditions" comme "la libération d'otages" et le contrôle de la frontière russo-ukrainienne pour "bloquer les acheminements d'armes et les infiltrations".

Il a également été convenu que le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel auraient un nouveau contact avec le président russe Vladimir Poutine au cours du week-end pour faire un point sur la situation, a encore indiqué cette source.

M. Porochenko a déclaré qu'il n'y aurait pas de déclaration commune UE-Ukraine mais qu'il y aurait une déclaration "unilatérale" de l'UE "reconnaissant le droit" de l'Ukraine à "demander l'adhésion" à l'Union européenne.

Interrogé sur les déclarations de Sergueï Glaziev, un proche conseiller de M. Poutine, qui l'a traité de "nazi", M. Porochenko a refusé de commenter les propos d'une "marionnette" et d'un "Monsieur personne". "Ce serait à M. Poutine" de réagir, a-t-il ajouté.

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