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«Sister Act» à Juste pour rire: prières exaucées (VIDÉO/PHOTOS)

27/06/2014 05:44 EDT | Actualisé 27/06/2014 07:53 EDT

L’équipe de Juste pour rire a visiblement pris des notes pendant l’expérience Hairspray. L’esprit bon enfant, pour ne pas dire bonbon, qui enrobe Sister Act, sa comédie musicale de l’été, rappelle en tous points celui qui a fait le succès de la production-vedette de 2013, et s’avère presque aussi amusant et rafraichissant.

Précisons néanmoins que le Sister Act de Denise Filiatrault n’est pas le Rock n’nonne du grand écran. Ceux qui ont acheté des billets en espérant fredonner les airs du mythique film de 1992 seront déçus; aucune chanson entendue au cinéma ne se retrouve dans la mouture québécoise de la pièce. Les morceaux créés pour l’occasion ont beau être agréables à l’oreille, l’effet n’est pas du tout le même. Sister Act revêt également une atmosphère plus frivole, presque kitsch, qu’on ne décelait pas dans l’œuvre d’origine, et qui pourrait agacer les plus cyniques, même si l’intrigue est passablement identique.

Ces bémols notés, saluons les immenses efforts de la troupe, de ses 27 artistes, qui se donnent cœur, corps et âme pendant deux heures trente – soyez avertis, vous regarderez peut-être votre montre de temps à autre - pour faire vibrer et rire l’assistance. Il faut absolument souligner la splendeur des numéros musicaux de groupe; les chorégraphies de Maud Saint-Germain en mettent plein la vue et la complicité qui unit les religieuses est palpable et franchement plaisante à regarder. Ce sont d’ailleurs ces portions où les Linda Sorgini, Dorothée Berryman, France Castel et autres nonnes sont toutes rassemblées qui se sont mérité les ovations les plus senties, jeudi, lors de la première médiatique. Qu’elles s’époumonent en harmonie, qu’elles rappent ou qu’elles se pourchassent à travers des portes, ces «bonnes sœurs» rempliraient de bonheur même le petit Jésus.

Brathwaite loufoque

Ce serait mentir que d’affirmer que Dayane Ntibarikure transcende l’espace dans la peau de l’insolente Dolores – ou Sœur Marie-Clarence, principale figure de Sister Act. La jeune femme est jolie, elle pousse la note et bouge aisément, mais son manque d’expérience dans un tel rôle-pivot se fait sentir ici et là. Ce n’est pas elle qui a reçu les applaudissements les plus nourris jeudi, mais reconnaissons quand même ses efforts : son mandat est lourd à porter et elle s’en sort honorablement.

Les véritables révélations de Sister Act se trouvent chez les aînés de la distribution. Diablement attachant en Monseigneur O’Hara, Marc Hervieux, qui a beaucoup donné dans la comédie musicale avant de bifurquer vers l’opéra, prouve qu’il peut être un acteur convainquant même s’il n’est pas omniprésent dans l’histoire. Et Suzanne Champagne épate littéralement en personnifiant la candide et joyeuse Sœur Marie-Patrick. De sa bouche s’échappent quelques-unes des meilleures répliques.

Normand Brathwaite, qui interprète le criminel Curtis, s’éclate dans un jeu plus loufoque que sérieux. Le comédien ne paralysera aucun spectateur de terreur, versant davantage dans le sourire en coin que dans la composition d’un proxénète dur et méchant. Sans doute était-ce voulu de nuancer sa proposition d’un soupçon de naïveté. À regarder Brathwaite dans ses atours de Sister Act, on a parfois l’impression de renouer avec le Normand de Cadillac Rose de l’époque…

Un autre duquel on attendait énormément, en raison de sa performance dans Hairsrpay, Gardy Fury a encore son petit instant bien à lui, où il esquisse les pas de danse époustouflants qui font désormais sa renommée. De spectaculaires prouesses de changements de vêtements marquent sa présence sur scène. Or, bien que ses jeux de pieds soient grandioses, la carte deviendra vite usée si Juste pour rire la brandit chaque année. La surprise est déjà moins grande que l'an dernier lorsqu'on le voit s'exécuter.

Longueurs

Si Sister Act ne déçoit pas dans l’ensemble, il reste que certains segments gagneraient à être resserrés ou raccourcis. Après l’entracte, notamment, la sauce s’étire et on se demande un peu à quelle heure viendra le punch si cher au cœur de Denise Filiatrault. Quoique ce punch était gros, jeudi : en guise de finale, Denis Coderre est apparu d’une trappe au sol, sous les traits du pape! Un clin d’œil sympathique, exceptionnel pour la représentation dédiée aux médias. Mais, même sans Denis Coderre, Sister Act demeure un très bon divertissement, de bon goût, parsemé de quelques excellentes blagues et visuellement magnifique. Ceux qui souhaitent passer un beau moment verront leurs prières être exaucées!

Sister Act tiendra l’affiche du Théâtre St-Denis pendant les mois de juin et juillet, dans le cadre du Festival Juste pour rire. Consultez le hahaha.com pour en savoir plus.

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