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Mondial - La Grèce, ou l'art de faire le maximum avec le minimum

27/06/2014 05:21 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Mal-aimée, mal lunée, laborieuse et défensive, la Grèce n'est pas la sélection la plus glamour de ce Mondial brésilien riche en buts et en équipes tournées vers l'avant. Mais elle est toujours là, bien décidée à en enquiquiner d'autres, à commencer par le Costa Rica dimanche en 8e de finale.

Il arrive que des équipes soient éliminées avec six points, ce qui n'a pas été la cas au Brésil, et puis il y a la Grèce, qui passe avec quatre points, une différence de buts négative, un seul but inscrit dans le jeu et un autre arraché sur penalty à la dernière seconde face à la Côte d'Ivoire.

Les Grecs sont des récidivistes puisque déjà en 2012 ils s'étaient hissés en quart de finale de l'Euro avec quatre points, dont les trois d'une victoire 1-0 face à la Russie lors du dernier match de poule.

Ne serait-ce que pour arriver au Brésil, la Grèce a dû batailler, car c'est toujours ainsi qu'elle obtient des résultats.

Deuxième de son groupe de qualification derrière la Bosnie, elle avait réussi à obtenir l'excellent bilan de 25 points (8 victoires, un nul, une défaite) en inscrivant seulement 12 buts, avant de dominer la Roumanie en barrage.

En 2004 déjà, l'équipe grecque alors dirigée par Otto Rehhagel avait surpris (et un peu ennuyé) l'Europe du foot en décrochant l'Euro organisé au Portugal, à grands coups de centres vers le grand Charisteas et de victoires 1-0 pour un monument de minimalisme.

Karagounis et Katsouranis, survivants de cette épopée défensive, sont toujours là, 10 ans plus tard, garants de la solidité et de la bravoure grecques.

A la tête de ces troupes qui ont le grand mérite de croire en leurs chances et de tirer le maximum d'un potentiel objectivement moyen, le sélectionneur portugais Fernando Santos, apparemment toujours de mauvaise humeur, n'a souri que quand on lui a parlé du jeu défensif de son équipe.

- vol retour pour Maniatis -

"Je ne peux que rire, c'est une plaisanterie", a-t-il dit après la qualification de son équipe face à la Côte d'Ivoire.

"Au football, on attaque et on défend. On sait bien défendre mais aujourd'hui on a attaqué constamment, on a été bon en contre-attaque, on a eu des occasions", a-t-il affirmé.

Baladée par la Colombie (défaite 3-0), solide et combative contre le Japon (0-0), puis opportuniste et tactiquement supérieure contre les Elephants, la Grèce semble en tous cas monter en puissance.

Et elle a montré qu'elle avait du caractère alors que rien pour elle n'a été simple, entre l'expulsion de Katsouranis contre le Japon et les blessures de Kone et du gardien Karnezis avant même la 25e minute face aux Ivoiriens.

Les Grecs ont même semble-t-il retrouvé toute leur cohésion après la dispute et les insultes entre Maniatis et Tzavellas, sur fond d'antagonisme entre leurs deux clubs, l'Olympiakos et le PAOK.

La scène, apparemment provoquée par la qualité jugée insuffisante des centres de Tzavellas, avait eu lieu avant le match contre le Japon. Selon The Guardian, Maniatis était même tellement furieux qu'il avait réservé un vol retour vers Athènes.

Il a changé d'avis et il a bien fait. La Grèce est toujours là, prête à faire la guerre à quiconque sera sur sa route.

stt/ol/jcp

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