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L'ONU ouvre une enquête sur les violations des droits de l'Homme en Erythrée

27/06/2014 10:08 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a ouvert vendredi une enquête sur les violations massives des droits de l'Homme par les autorités en Erythrée, petit pays fermé de la Corne de l'Afrique.

Une résolution en ce sens, présentée par la France et la Somalie, a été adoptée vendredi par le Conseil.

Les enquêteurs devront publier leurs premières conclusions et recommandations lors de la 28e session du Conseil (février/mars 2015).

Le texte a été adopté sans vote, mais la Chine, le Pakistan, le Venezuela et la Russie ont indiqué qu'ils "se dissociaient du consensus".

"La crise des droits de l'Homme en Erythrée a été oubliée pendant bien trop longtemps et l'échelle des violations est sans précédent", a déclaré le représentant somalien auprès du Conseil, Yusuf Mohamed Ismail Bari-Bari.

Le représentant érythréen, Teestamicael Gehrahtu, a jugé "inacceptable" la résolution, défendant "l'harmonie, le progrès, la paix et la stabilité qui règnent" selon lui dans son pays.

Il a par ailleurs accusé l'Ethiopie d'avoir oeuvré en faveur de la résolution afin de maintenir la pression internationale et les sanctions de l'ONU à l'encontre de l'Erythrée.

La résolution "condamne fermement la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l'Homme et des libertés fondamentales commises par les autorités érythréennes, notamment les cas d'exécutions arbitraires et extrajudiciaires, les disparitions forcées, l'utilisation de la torture, la détention arbitraire et au secret sans recours à la justice et la détention dans des conditions inhumaines et dégradantes".

Elle condamne aussi les "graves restrictions à la liberté d'opinion et d'expression", comme la détention de journalistes, de défenseurs des droits de l'Homme, de personnalités politiques et de chefs religieux, et demande la libération de tous les prisonniers politiques.

Le Conseil s'inquiète aussi du sort des personnes détenues à la suite de la prise de contrôle par des militaires mutinés du bâtiment abritant le ministère de l'Information, le 21 janvier 2013, et demande aux autorités de les libérer ou de veiller à ce qu'elles bénéficient d'un procès indépendant et équitable.

Le texte demande également la fin du régime du service militaire à durée indéterminée, exhortant les autorités à autoriser l'objection de conscience et à cesser d'imposer à tous les enfants l'obligation d'effectuer la dernière année de leur scolarité dans un camp d'entraînement militaire.

Le Conseil dénonce enfin "la pratique consistant à +tirer pour tuer+ en usage aux frontières de l'Erythrée pour empêcher des Erythréens de fuir leur pays".

Selon l'ONU, près de 4.000 Erythréens, sur une population d'environ 5 millions d'habitants, fuient chaque mois leur pays, dont la superficie avoisine celle de la Grande-Bretagne, pour échapper à la répression brutale du pouvoir et au travail forcé, non rémunéré et à durée illimitée.

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