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Institut économique: l'endettement des fermes québécoises plus élevé que dans le reste du Canada

27/06/2014 11:56 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT
Kelly via Getty Images

MONTRÉAL - L'endettement des fermes québécoises est effectivement plus élevé que celui des fermes du reste du Canada, mais il n'est pas excessif. Et il faut le mettre en perspective en tenant compte de la bonne rentabilité économique des fermes québécoises et de la productivité du capital, conclut un rapport qui a été rendu public vendredi.

«Il n'est pas certain que l'endettement des fermes au Québec est devenu à ce point excessif; entre un endettement important, qui pourrait à l'avenir devenir préoccupant, et une situation de surendettement, il y a une marge importante», écrit l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC).

En fait, le taux d'endettement moyen des fermes au Québec est important, mais il connaît «une trajectoire stable et continue depuis les dix dernières années en se situant autour de 25 pour cent», écrivent les auteurs François L'Italien, Lyne Nantel et Clément Bélanger Bishinga.

Les auteurs brossent un tableau moins sombre de l'état de l'agriculture québécoise que ce que l'on entend parfois.

Ils insistent sur le fait que cet endettement doit être relativisé par l'«effet de levier positif qui se traduit par une augmentation des capacités d'investissement et une rentabilité accrue des capitaux propres» des établissements agricoles au Québec.

En entrevue, l'Union des producteurs agricoles s'est réjouie de ce rapport de l'IRÉC.

L'économiste en chef de l'UPA, Charles-Félix Ross, note qu'«une bonne partie de cet endettement-là s'explique par le fait que les producteurs au Québec, parce qu'ils ont des revenus plus élevés, une meilleure rentabilité, ont des revenus plus stables et ils se servent de l'endettement comme des hommes d'affaires et des femmes d'affaires pour investir dans le développement de leur entreprise».

Le rapport d'une cinquantaine de pages de l'institut de recherche conclut également qu'il n'y a pas lieu de recommander l'abandon des programmes actuels de soutien aux producteurs, contrairement à ce que l'on entend parfois dans le milieu économique.

Ces programmes permettent même de faciliter l'accès au financement par des institutions financières privées. «Les institutions financières spécialisées dans le prêt évaluent toujours à la baisse le niveau de risque des créances dont le débiteur bénéficie de mesures de soutien», rappellent les auteurs.

Les trois auteurs de la recherche soulèvent cependant un problème réel de relève agricole, en grande partie dû au prix élevé des établissements agricoles, qui rend l'accès difficile pour les jeunes.

M. Ross note à ce propos que l'UPA a déjà suggéré de créer une sorte de «banque de terres agricoles» qui pourrait louer des terres à ceux qui veulent débuter dans le métier.

Les auteurs du rapport soulignent également que les programmes de soutien aux agriculteurs du Québec relèvent d'un choix de société qui a été fait de soutenir les fermes familiales et dans toutes les régions du Québec. «L'agriculture au Québec s'est déployée grâce à des mécanismes institutionnels issus de choix de société importants, qui ont forgé un modèle agricole particulier», écrivent-ils.

Les auteurs y vont également d'une suggestion aux agriculteurs: profiter de l'actuelle période de bas taux d'intérêt pour assainir le bilan des fermes.

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