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Les exportateurs allemands très pénalisés en Ukraine et en Russie (fédération)

27/06/2014 06:17 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Les entreprises exportatrices allemandes ont subi un manque à gagner de plus de 2 milliards d'euros en Russie et en Ukraine sur les quatre premiers mois de l'année, selon des chiffres diffusés vendredi.

Sur la période janvier à avril, les exportations allemandes à destination de l'Ukraine, en proie à un grave conflit depuis plusieurs mois, ont plongé de 31% par rapport à la même période en 2013. Vers la Russie, la baisse est de 14%.

En valeur absolue, cela représente un manque à gagner de respectivement 500 millions d'euros et 1,7 milliard d'euros, a précisé lors d'une conférence de presse Eckhard Cordes, président du comité pour les pays de l'Est des fédérations économiques allemandes, qui a compilé ces chiffres.

Si on extrapole la tendance observée sur les premiers mois de l'année à tout 2014, ce sont 25.000 emplois qui seraient menacés en Allemagne du fait du préjudice commercial, a poursuivi M. Cordes. "Il faut tout faire pour stabiliser la situation", en conclut-il.

Le comité, émanation des principales fédérations économiques allemandes chargée spécifiquement de défendre les intérêts des entreprises actives en Europe de l'Est, a mené un sondage auprès de 105 entreprises allemandes, qui à elles seules emploient 50.000 salariés en Russie et y réalisent un chiffre d'affaires annuel de 20 milliards d'euros. 60% d'entre elles perçoivent déjà un effet négatif du conflit en Ukraine sur leur activité en Russie, dont 10% des incidences "fortement négatives".

Environ la moitié de celles qui prévoyaient encore en début d'année d'investir sur ce marché ont gelé leurs projets. Sans surprise, 44% d'entre elles sont opposées à des sanctions commerciales contre la Russie.

Le comité présidé par M. Cordes, lui-même ex-patron du distributeur Metro très présent en Russie et ancien de Daimler, a été critiqué pour ses positions très compréhensives à l'égard de Moscou.

La Russie était en 2012 le dixième partenaire commercial de l'Allemagne. Les échanges avec le pays, dont l'Allemagne importe plus qu'elle n'exporte, étaient en recul avant même le début de la crise ukrainienne, sur fond d'économie russe déprimée.

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