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La présidente Samba Panza, figurante dans la crise centrafricaine

27/06/2014 01:09 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Incapable d'enrayer les violences depuis son arrivée au pouvoir, obligée de quémander des soutien financiers extérieurs, la présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza joue un rôle de figuration quand les voisins de la région décident de l'avenir de son pays.

L'image parle d'elle même: alors que les chefs d'Etats et de gouvernement sont réunis vendredi à huis clos en marge du sommet de l'Union africaine (UA) de Malabo pour parler de la crise centrafricaine, Mme Samba Panza patiente en pianotant sur sa tablette, assise dans un large fauteuil de velours rouge, dans un couloir ouvert au public près de la salle de réunion.

Tous les patrons de l'Afrique centrale étaient là: le Tchadien Idriss Déby Itno, le Congolais Denis Sassou Nguesso - qui est aussi médiateur international de la crise centrafricaine - l'Equato-guinéen Obiang Nguema Basogo, le Gabonais Ali Bongo Ondimba. Fait rare, même le président camerounais Paul Biya, qui se déplace très peu, avait répondu présent.

Et, en l'absence de la principale intéressée, ils se sont dits "préoccupés" face à l'enlisement du conflit, tout en appelant fermement les autorités de transition à instaurer un vrai dialogue entre les groupes armés qui dévastent le pays.

Depuis son arrivée au pouvoir en février, la présidente, sans police ni armée, s'est montrée tout aussi impuissante à réconcilier anti-balaka et ex-Séléka qu'à s'imposer face aux chefs d'Etat voisins comme le Tchad et le Congo, au pouvoir depuis des années. Et d'autant plus influents que leur soutien financier est crucial pour maintenir la Centrafrique à flot, ne serait-ce que pour payer le salaires de ses fonctionnaires.

A propos d'un éventuel remaniement à venir, le président Biya a assuré qu'ils n'étaient "pas entrés dans ces détails, c'est aux Centrafricains eux-même de décider s'ils veulent un nouveau Premier ministre".

Certes, la présidente a été invitée à présenter sa feuille de route au début de la rencontre avec ses pairs d'Afrique centrale, alors que son pays est suspendu de l'UA depuis le début de la crise en 2013. Mais les échanges se sont arrêtés là. Et aussitôt après, elle a quitté la salle pour laisser les chefs d'Etat et de gouvernement discuter entre eux...

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