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La Grèce lâche un peu de lest sur l'austérité

27/06/2014 07:57 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

La Grèce a rétabli les salaires et retraites des magistrats amputés par les mesures de rigueur liées à la crise et s'apprête à le faire pour les fonctionnaires en uniforme, sous la contrainte de décisions judiciaires qui ont invalidé ces coupes salariales.

Le Parlement, en application d'une décision de justice de 2013, a adopté jeudi soir un amendement révoquant les baisses de près de 27% décidées en 2012 sur le traitement des magistrats.

Le ministre adjoint des Finances Christos Staïkouras a indiqué que le gouvernement procéderait bientôt de même avec les salaires des policiers, soldats, pompiers et personnels maritimes victimes en 2012 d'un sévère coup de rabot que le Conseil d'Etat a récemment invalidé.

"Le gouvernement examine les moyens de couvrir de couvrir le trou budgétaire qui inévitablement en découle", a indiqué M. Staïkouras.

Dans le cas des juges, le coût de la mesure est estimé à 170 millions d'euros annuels, selon le texte de l'amendement.

Dans celui des fonctionnaires en uniforme, le gouvernement va devoir trouver, selon la presse, quelque 600 millions d'euros pour leur rembourser le manque à gagner depuis 2012 auxquels s'ajouteront 300 millions d'euros annuels pour ramener leur rémunération au niveau d'avant la baisse.

De manière délibérée cette fois, le gouvernement a également desserré les cordons de la bourse en matière de santé en décidant de prendre en charge le coût des médicaments pour les patients sans couverture sociale, une mesure votée par le parlement jeudi.

Début juin, c'est la prise en charge de l'hospitalisation des non-assurés qui avait été annoncée par le gouvernement alors que les six années de récession et l'explosion du chômage ont mis dans une situation d'urgence sanitaire deux millions de Grecs privés de couverture sociale, selon le gouvernement, trois millions selon l'ONG Médecins du monde.

La Grèce, sous assistance financière internationale depuis 2010 pour éviter la faillite, vit sous la chape de budgets d'austérité qui ont taillé tous azimuts, salaires et retraites pour réduire les dépenses et relevé considérablement le niveau d'imposition.

Le gouvernement s'est fixé pour objectif de mettre en oeuvre des baisses d'impôts en 2015.

Dans son dernier rapport début juin, le FMI a cependant mis en garde contre une "fatigue de l'ajustement", estimant que la Grèce n'avait "aucune marge pour des hausses de salaires ou de retraites", alors même que se pose la question d'un troisième plan d'aide au pays.

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