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Kenya: des musulmans prient pour la paix après les attaques meurtrières

27/06/2014 01:12 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Plusieurs centaines de musulmans ont prié pour la paix et la tolérance religieuse vendredi à Mombasa, la grande ville de la côte kényane, région meurtrie récemment par des raids sanglants revendiqués par les islamistes somaliens.

"La sécurité et la paix sont la clé du développement de ce pays, et malgré toutes nos différences religieuses nous sommes tous des êtres humains et des serviteurs de Dieu", a lancé Cheikh Ahmed Hussein Muhdhar, un haut responsable de la communauté musulmane kényane qui dirigeait cette prière du vendredi dans la cité portuaire et deuxième ville du pays.

"Les Kényans devraient être patriotes et s'assurer qu'ils mettent de côté leurs différences religieuses pour le bien de la nation", a-t-il poursuivi. "Mon message à la population musulmane est de vivre en harmonie avec leurs frères et soeurs chrétiens", a-t-il exhorté, appelant au "respect de chacun".

La côte kényane où la communauté musulmane est largement dominante, a été frappée ces deux dernières semaines par des attaques meurtrières qui ont ravivé les tensions dans ce pays très majoritairement chrétien.

Les 15 et 16 juin, une soixantaine de personnes ont été tuées dans la localité de Mpeketoni, puis dans un village proche, par des hommes armés. Au moins cinq personnes ont péri en début de semaine dans la même zone, proche du célèbre archipel de Lamu.

Les islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, ont revendiqué le double raid de la mi-juin, représailles selon eux à l'intervention militaire kényane en Somalie. Des survivants de l'attaque de Mpeketoni ont raconté que les assaillants avaient exclusivement exécuté des hommes de confession chrétienne.

Mais le président kényan Uhuru Kenyatta a nié l'implication des shebab et accusé des réseaux politico-criminels locaux, pointant implicitement du doigt l'opposition et son adversaire malheureux à la présidentielle de 2013, Raila Odinga.

Le gouverneur du département de Lamu a été arrêté mercredi, soupçonné de "terrorisme" à la suite de ces attaques. Treize membres présumés du Conseil républicain de Mombasa (MRC), un groupe séparatiste de la côte kényane, ont aussi été interpellés.

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