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Inculpation de la soeur du roi d'Espagne: des indices insuffisants, selon le procureur

26/06/2014 05:17 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Le procureur anti-corruption a fait appel jeudi de l'inculpation pour fraude fiscale et blanchiment, confirmée la veille, de la soeur du roi d'Espagne, l'infante Cristina, qui pourrait la mener jusqu'à un procès, dénonçant une "spirale inquisitrice".

"A ce jour, il n'a pas été mis en évidence une quelconque participation de Doña Cristina de Bourbon dans le délit présumé contre le Trésor public imputé à son conjoint", écrit le procureur Pedro Horrach dans sa requête.

"Nous continuons à ignorer quels délits concrets et quels faits peuvent être reprochés à Cristina de Bourbon", ajoute le magistrat, qui a toujours estimé les indices insuffisants pour inculper l'infante.

Mercredi, le juge José Castro, du tribunal de Palma de Majorque aux Baléares, a bouclé l'instruction qu'il menait depuis quatre ans sur "l'affaire Noos", un scandale de corruption dans lequel 16 personnes sont désormais inculpées et susceptibles d'être jugées.

Parmi elles, Iñaki Urdangarin, l'époux de Cristina, soeur du roi Felipe VI, soupçonné d'avoir, avec son ex-associé, détourné 6,1 millions d'euros d'argent public via l'institut Noos, une société à but non lucratif qu'il présidait entre 2003 et 2006, et qui passait des marchés publics avec les autorités régionales des Baléares et de Valence.

Cristina est inculpée de fraude fiscale et blanchiment de capitaux pour avoir, selon le juge, coopéré "activement" avec son mari en utilisant à des fins personnelles une partie des sommes détournées, via une société écran, Aizoon, détenue à parts égales par les deux époux.

L'infante au contraire a basé sa défense sur le fait qu'elle ignorait tout des activités présumées délictueuses de son époux.

"Des indices pesant fortement contre sa culpabilité sont ignorés", ajoute le procureur, qualifiant de "spirale inquisitrice" l'argumentation du juge Castro.

Il dénonce de "simples conjectures" ayant conduit à cette inculpation, basée selon lui sur un parti pris affirmant que "Doña Cristina de Bourbon est coupable, sans que l'on sache bien de quoi".

Outre le Parquet, la défense de Cristina a annoncé qu'elle allait faire appel. La décision finale d'un renvoi ou non en procès reviendra au tribunal provincial de Palma, une instance supérieure.

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