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Chine: de lourdes peines de prison annoncées publiquement au Xinjiang

26/06/2014 02:36 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

La justice chinoise a condamné à des années de prison neuf personnes accusées de "terrorisme", et leurs peines ont été annoncées devant 3.000 personnes rassemblées en plein air dans la région musulmane du Xinjiang.

Ces sentences illustrent l'actuel durcissement de la répression conduite par les autorités communistes contre ceux qu'elles accusent d'islamisme et de séparatisme dans cet immense territoire, dont la première ethnie, les Ouïghours, est en bonne partie hostile à la tutelle de Pékin.

Les neuf condamnés, dont plusieurs portent des noms ouïghours, se sont vu infliger des peines de 3 à 14 ans de réclusion criminelle, après avoir été reconnus coupables d'implication dans des "groupes terroristes", a rapporté mercredi le gouvernement de la ville de Qapqal sur son site internet.

Le verdict a été annoncé dans un vaste espace en plein air --probablement un stade ou un terrain de sport-- où avait été dressée une longue estrade pour les magistrats, bien gardée par les forces de sécurité, selon des photos diffusées par le Quotidien du peuple.

Un responsable communiste local, Li Wei, a appelé les 3.000 personnes du public à rejoindre "la guerre du peuple contre le terrorisme".

Les autorités de Qapqal ont également annoncé l'arrestation d'une quarantaine d'autres suspects de "terrorisme", à qui elles reprochent aussi des faits d'incitation au séparatisme ethnique et au djihad.

Le Congrès mondial ouïghour, une organisation exilée de défense des Ouïghours, a dénoncé l'annonce publique des peines de prison, en assurant que les accusés avaient été privés de procès équitable.

"La répression démesurée amènera davantage de Ouïghours à résister à la domination chinoise", a assuré un porte-parole de l'organisation.

La semaine dernière la Chine a annoncé l'exécution de treize personnes condamnées pour "terrorisme" au Xinjiang. Le pays a ces derniers mois connu plusieurs attentats dans des lieux publics, imputés par les autorités à des Ouïghours.

Ces derniers se disent exclus de la vigoureuse croissance de la région dopée par les efforts d'investissements de Pékin, et entravés dans la pratique de leur religion et de leur culture.

fms-seb/jug/ros

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