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Afrique du Sud: le tourisme dans la tourmente des nouvelles règles d'immigration

26/06/2014 05:47 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

L'instauration de mesures draconiennes réglementant le séjour des étrangers en Afrique du Sud a soulevé un vent de panique parmi les opérateurs touristiques, obligeant le gouvernement à chercher d'urgence des solutions, indique jeudi un communiqué ministériel.

Malgré la crise et sa position géographique qui n'en fait pas une destination bon marché, quoique plus avantageuse depuis la dépréciation du rand, la monnaie nationale, l'Afrique du Sud connaît un boom touristique.

"Les gens adorent notre pays et continuent de venir en Afrique du Sud", soulignait encore récemment dans son discours sur l'état de la nation le président Jacob Zuma.

Le nombre de visiteurs étrangers a atteint un record de 9,6 millions en 2013, et l'objectif de 15 millions d'arrivées annuelles est désormais fixé à 2017, a-t-il dit, avec un chiffre d'affaires pour le tourisme sud-africain qui devrait atteindre d'ici là 125 milliards de rand (8,6 milliards d'euros environ).

Or, depuis fin mai, l'Afrique du Sud a une nouvelle législation sur l'immigration imposant de lourdes démarches administratives à tous les voyageurs, notamment l'obligation de se munir d'un acte de naissance intégral pour tout enfant et de se présenter en personne au guichet pour des formalités de fichage biométrique préalable au voyage.

"Les opérateurs du secteur (touristique) se plaignent que ces mesures pourraient pénaliser la compétitivité de notre destination au moment où les pays essayent de simplifier les exigences en matière de visas pour promouvoir le tourisme", a constaté le ministre sud-africain du Tourisme Derek Hanekom dans un communiqué.

"Comme beaucoup d'autres destinations, nous avons un double impératif: combattre le trafic d'enfants (...) mais aussi limiter les dégâts pour notre compétitivité touristique", a-t-il reconnu.

Il a annoncé "des discussions d'urgence" avec le ministère de l'Intérieur "pour clarifier les possibles malentendus et trouver des solutions appropriées".

En réponse à la nouvelle législation sud-africaine, le Kenya, locomotive économique de l'Afrique de l'Est et également grande destination touristique, a réagi en imposant des obligations identiques aux ressortissants sud-africains à partir de septembre.

La nouvelle loi a aussi semé la confusion parmi les étrangers établis en Afrique du Sud, notamment des Européens brusquement déclarés indésirables malgré un conjoint ou des enfants dans le pays, ou encore plusieurs centaines de milliers de Zimbabwéens qui n'osent plus faire la navette avec leur pays de peur de ne plus pouvoir revenir, mais auxquels la loi impose de renouveler leurs papiers au Zimbabwe.

clr/mba

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