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USA: plainte de condamnés à mort contre l'Oklahoma sur la procédure d'exécution

25/06/2014 05:43 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Deux mois après une exécution controversée en Oklahoma, 21 condamnés à mort de cet Etat ont porté plainte mercredi contre les autorités pénitentiaires sur la procédure d'exécution, à laquelle ils risquent d'être soumis.

L'Oklahoma a suspendu ses exécutions pour six mois, après la mort, dans d'apparentes souffrances, de Clayton Lockett. Il avait succombé le 29 avril, 43 minutes après l'injection d'un nouveau cocktail létal, contre une dizaine de minutes habituellement.

La prochaine exécution est prévue le 13 novembre. Charles Warner, le meurtrier d'une fillette de 11 mois, devait être exécuté deux heures après Clayton Lockett et figure aujourd'hui en tête de la liste des plaignants du recours déposé devant un tribunal fédéral de l'Oklahoma.

Dans leur plainte, les 21 prisonniers soulignent le risque substantiel que les autorités de l'Oklahoma "utilisent les mêmes produits et procédures utilisés dans l'exécution ratée de Clayton Lockett, ou des procédures et des produits qui, de manière similaire, n'ont été ni essayés, ni testés, ni expérimentés".

Ils dénoncent en particulier l'usage du midazolam, un anesthésiant "incapable de plonger (quelqu'un) dans un état d'inconscience" et qui "ne peut pas supprimer la douleur". Ils ajoutent que l'Autorité fédérale de régulation des médicaments (FDA) n'a pas approuvé ce produit pour être utilisé comme "anesthésiant unique".

Ils protestent en outre contre le recours -- sous-entendu bien que non prouvé -- de l'Oklahoma à un préparateur en pharmacie pour fabriquer les produits de son cocktail létal. Or ces préparateurs en pharmacie, vers lesquels les Etats pratiquant la peine de mort se tournent depuis le refus des fabricants européens d'en fournir à des fins d'exécution, ne sont pas agréés au niveau fédéral.

Les plaignants estiment que les produits ainsi préparés "présentent un risque substantiel de souffrances inconstitutionnelles", en violation du 8e Amendement de la Constitution, car "la FDA n'en vérifie pas l'identité, la pureté, la puissance, la qualité, la sécurité et l'efficacité".

Selon les résultats préliminaires de l'autopsie de Clayton Lockett, rendus il y a une semaine, le personnel chargé de l'exécution n'avait pas réussi à poser l'intraveineuse et, après plusieurs essais infructueux, avait perforé l'artère fémorale.

chv/gde

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