NOUVELLES

Pakistan: arrestations massives après l'attaque contre un avion à Peshawar

25/06/2014 10:05 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

La police pakistanaise a annoncé avoir arrêté mercredi près de 200 suspects au lendemain des tirs sur un avion qui ont tué au moins un passager à Peshawar, dans le nord-ouest où l'armée mène une offensive contre les rebelles talibans.

L'Airbus A310 de la compagnie publique Pakistan International Airlines (PIA), en provenance de Ryad avec plus de 170 passagers à bord, a été attaqué mardi peu avant minuit alors qu'il allait e poser.

Une passagère a été tué et deux stewards qui se trouvaient également à bord ont été blessés, dont l'un était toujours dans un état grave en début de soirée, selon l'hôpital militaire local.

Cette attaque renforce les inquiétudes sur la sécurité du transport aérien au Pakistan, deux semaines après le sanglant assaut de rebelles talibans qui a fait 38 morts, dont les dix assaillants, à l'aéroport de Karachi (sud), le plus important du pays.

Elle n'était pas revendiquée en milieu de matinée, mais les regards se tournaient vers les talibans, qui ont promis de sanglantes représailles après le lancement il y a dix jours d'une opération militaire dans leur bastion tribal du Waziristan du nord.

Ils ont notamment mis en garde des entreprises internationales et les compagnies aériennes, leur conseillant de mettre fin à leurs activités ou d'en subir les conséquences. PIA a de son côté indiqué n'avoir reçu aucune menace directe dernièrement.

A la suite des tirs de mardi soir, la compagnie émiratie Emirates a suspendu jusqu'à nouvel ordre tous ses vols à destinations de Peshawar pour "raisons de sécurité", alors qu'Air Arabia et Etihad ont elles détourné leurs vols vers la capitale Islamabad.

L'avion de la PIA se trouvait alors entre 60 et 100 mètres au dessus du sol lorsqu'il a essuyé les tirs, selon M. Tajwar.

Selon la police, huit balles de kalachnikov ont atteint l'avion au niveau de la queue. Mais des sources locales n'excluaient pas des tirs avec une ou des armes d'un calibre plus important. Dans tous les cas, les assaillants semblent s'être approchés à au moins quelques centaines de mètres de la piste.

L'aéroport est entouré de faubourgs populaires labyrinthiques d'où il peut être facile d'ouvrir le feu sur des appareils en approche.

Dans l'après-midi, la police de Peshawar a annoncé avoir arrêté "plus de 200 personnes" soupçonnées d'être impliquées dans l'attaque.

"L'opération, menée par des commandos de police et des chiens renifleurs, se poursuit", a déclaré à l'AFP l'un de ses responsables, Najeeb Ur Rehman. Les arrestations de masse sont communes au Pakistan après de telles attaques ou attentats, mais les suspects sont souvent relâchés très vite, et les coupables rarement appréhendés.

L'armée pakistanaise a poursuivi mercredi son offensive lancée il y a dix jours au Waziristan du nord, une zone tribale proche de Peshawar et frontalière de l'Afghanistan, pour y éradiquer les cellules de combattants islamistes talibans et d'Al-Qaïda qui en avaient fait leur principal sanctuaire dans le pays.

- Près de 500.000 réfugiés et des tensions -

L'armée a annoncé mercredi avoir tué 15 rebelles et blessé 7 autres dans des bombardements aériens. Au total, elle affirme avoir tué 361 personnes, tous des combattants rebelles, dans ses bombardements aériens, de blindés ou d'artillerie depuis le début de l'offensive, un bilan impossible à confirmer de source indépendante.

L'armée, qui prévoit de lancer ensuite une offensive terrestre, dit avoir perdu dans le même temps 12 soldats. Les deux derniers ont été tués mardi dans un attentat suicide à la voiture piégée revendiqué par Ansar-ul-Mujahedin, une faction des talibans qui a promis de nouvelles attaques.

Mais les soldats n'ont globalement jusqu'ici rencontré que très peu de résistance des rebelles dans cette offensive attendue de longue date par les alliés du Pakistan, dont Washington et Pékin.

Selon des sources concordantes, la grande majorité des combattants islamistes avaient déjà quitté la zone avant son déclenchement, passant notamment dans l'Afghanistan voisin, comme nombre de civils.

Les bombardements ont provoqué l'exode de plus de 470.000 Waziris du nord sur une population estimée à entre 500.000 et un million de personnes. Une partie a gagné l'Afghanistan à l'ouest, mais la plupart se sont réfugiés à l'est, dans la ville voisine de Bannu.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a commencé cette semaine à distribuer de l'aide alimentaire aux déplacés dans cette ville dans un contexte de tensions nourries par leur soudain afflux en masse ces dernières semaines, et par les difficultés à leur apporter toute l'aide dont ils ont besoin.

bur-st/gab-emd/vog

PLUS:hp