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Mondial-2014 - Affaire Suarez: le monde du foot entre colère et retenue

25/06/2014 04:35 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Le monde du football, secoué par la morsure de l'Uruguayen Luis Suarez sur l'épaule de l'Italien Giorgio Chiellini, navigue entre la colère d'anciens joueurs et la retenue des participants au Mondial-2014 au Brésil.

Les images ont fait le tour du monde. Suarez agrippe Chiellini et lui plante ses dents dans l'épaule gauche. "Ce type de comportement, on l'observe normalement chez les animaux, relève l'ancien gardien allemand Oliver Kahn. Peut-être que cela traduit une pression démesurée qui est ainsi libérée".

L'avis de Kahn, qui lui même avait mordu un adversaire en avril 1999 lors d'un match de Bundesliga, est partagé par d'autres anciens internationaux. "Des gens vont le défendre, mais je me demande bien pourquoi. Moi, je lui mettrais un protège-dents", glisse l'ex-ailier anglais Chris Waddle.

Ancienne légende de Liverpool, Robbie Fowler estime lui aussi que Suarez, l'un de ses successeurs chez les Reds, "n'est pas défendable".

"En dehors des terrains, c'est un type adorable, souligne-t-il. Il a fait tellement pour les oeuvres de charité à Liverpool, et puis je l'apprécie comme joueur, mais je ne peux pas le soutenir là-dessus. Quand il rentre sur le terrain, il se transforme".

Sous ce geste fou, certains ont détecté un mal être. "Il me semble que c'est un garçon qui est mal dans sa tête, ces choses ne se font pas", a déclaré Alcides Ghiggia, dernier survivant de l'équipe d'Uruguay, championne du monde en 1950.

"Il l'a déjà fait en Angleterre et maintenant il recommence, c'est anormal. C'est un match de football, pas une guerre ni une bagarre", a déclaré l'ancien joueur, âgé de 87 ans.

"Je crois qu'ils vont le suspendre. (L'Uruguay) peut aller de l'avant sans lui, un joueur ne fait pas une équipe", a déclaré Gigghia, auteur du but décisif qui avait donné le titre à la Céleste face au Brésil au Maracana en 1950.

- Souvenir de 2010 pour le Ghana -

Ces avis tranchés d'anciens internationaux contrastent singulièrement avec ceux des participants au mondial, très en retrait.

"J'ai vu l'incident, a raconté Willian, le milieu de terrain du Brésil, mais il ne m'appartient pas de porter un jugement. Je laisse ça à ceux dont c'est le boulot. Je ne sais pas quelle aurait été ma réaction si cela m'était arrivé. Mais c'est vrai qu'être mordu, c'est assez fort. Seuls ceux qui étaient là-bas (sur le terrain) peuvent parler".

En fait, c'est du camp Ghanéen qu'est venue la réaction la plus forte. Et pour cause: il y a quatre ans, les Black Stars avaient été éliminés en quarts de finale du Mondial-2010, par l'Uruguay. Luis Suarez, déjà lui, avait arrêté un ballon de la main sur sa ligne de but.

Exclu, il avait regagné les tribunes. Et c'est de là qu'il s'est ouvertement moqué du dernier tireur ghanéen qui avait raté son tir au but.

"Vous me ramenez en 2010, a raconté l'entraîneur Kwesi Appiah. J'étais entraîneur-adjoint à l'époque. Je ne ferai pas de commentaire. Je pense que la Fifa, quelle que soit la décision prise, connaît mieux le problème. Je soutiendra la décision, quelle qu'elle soit".

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