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Le Trésor britannique émet un "sukuk", une première hors du monde musulman

25/06/2014 08:58 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Le Trésor britannique a émis mercredi un titre de dette ("sukuk") souveraine conforme aux principes islamiques, une première hors du monde musulman qui renforce la place de la City comme place-forte de la finance islamique.

"Le gouvernement a consolidé aujourd'hui la place de la Grande-Bretagne comme plateforme occidentale de la finance islamique en devenant le premier pays hors du monde musulman à émettre un +sukuk+ souverain, l'équivalent islamique d'une obligation", a indiqué le Trésor dans un communiqué.

L'émission de ce sukuk, qui arrive à maturité le 22 juillet 2019, a permis au Trésor de lever 200 millions de livres (environ 250 millions d'euros).

Ce sukuk a suscité une "très forte demande" d'un montant total de 2,3 milliards de livres de la part d'investisseurs "basés au Royaume-Uni et dans les centres majeurs de la finance islamique à travers le monde". Des fonds souverains, des banques centrales et des établissements financiers y ont souscrit.

Le rendement de ce sukuk est fixé à 2,036% mais il est adossé à des actifs immobiliers du gouvernement dont la performance rémunère l'apport en capital afin de contourner le principe de l'intérêt.

"L'émission aujourd'hui du premier sukuk souverain de Grande-Bretagne répond à l'engagement du gouvernement" de faire du pays "le centre occidental de la finance islamique", a déclaré le ministre britannique des Finances, George Osborne.

"J'espère que le succès de cette émission gouvernementale encouragera des émissions de sukuk du secteur privé au Royaume-Uni", a ajouté le Chancelier de l'Echiquier.

La perspective de cette émission avait été annoncée en octobre dernier à Londres lors du Forum islamique économique mondial (WIEF), organisé pour la première fois hors du monde musulman.

Ville phare de la finance mondiale, Londres et sa City pèsent déjà beaucoup dans la finance islamique: plus de 20 banques britanniques offrent des produits financiers islamiques tandis que 49 obligations islamiques ("sukuk") avaient déjà été cotées depuis cinq ans l'an dernier à la Bourse de Londres, pour une valeur de 34 milliards de dollars.

Mais ce montant n'est qu'une minuscule part du gâteau alors que le secteur devrait représenter 1.300 milliards de dollars cette année, selon des chiffres diffusés l'an dernier par le gouvernement britannique.

mg/fw

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