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GB/écoutes: Cameron sous pression

25/06/2014 07:02 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Le jury au procès-fleuve des écoutes téléphoniques illégales de presse devait parachever mercredi à Londres son jugement, mais le scandale politico-médiatique promet de se prolonger divisant l'industrie des médias et embarrassant le Premier ministre britannique David Cameron.

Après huit mois de procès et 130 jours d'audiences consacrées à ce retentissant scandale touchant le défunt tabloïd du magnat Rupert Murdoch, le "News of the World", les 11 jurés ont acquitté l'ex-"reine des tabloïds" Rebekah Brooks, l'une des principales accusées.

Stuart Kuttner, un ancien haut responsable du NotW, Cheryl Carter, assistante de Rebekah Brooks, Mark Hanna, ancien responsable de la sécurité du groupe, et Charlie Brooks, mari de Rebekah, ont également été acquittés.

Un verdict salué à la Une des journaux: "Grand jour pour la presse à scandale", "Brooks acquittée" titraient mercredi le Sun et le Times, quotidiens de Rupert Murdoch alors que ses rivaux se concentraient sur la condamnation d'Andy Coulson, l'autre principal accusé.

L'ancien rédacteur en chef du tabloïd, et ex-conseiller de David Cameron a lui été reconnu coupable pour au moins un chef d'accusation et encourt désormais une peine de prison.

Le jury est réuni de nouveau au tribunal londonien de l'Old Bailey pour examiner les autres chefs d'accusation pesant sur Andy Coulson et Clive Goodman, ancien correspondant royal de NotW.

La sentence devrait être prononcée dans les prochains jours. Quatre autres journalistes et l'enquêteur privé Glenn Mulcaire, ayant plaidé coupable avant le début du procès connaîtront alors aussi leur peine.

Reste Ian Edmondson, l'un des anciens responsables de la rédaction. Il avait été jugé "inapte" à poursuivre le procès en décembre dernier pour des raisons de santé.

Le verdict a contraint David Cameron à un mea culpa télévisé. "Je suis sincèrement désolé de l'avoir engagé. C'était une mauvaise décision, je le confesse très clairement", a déclaré le chef du gouvernement au sujet de Coulson.

Mais les excuses du Premier ministre ne semblent pas satisfaire l'opposition.

Lors des questions au gouvernement à la mi-journée, David Cameron devrait avoir à rendre des comptes auprès des députés sur cette affaire.

Il pourrait notamment subir des questions d'Ed Miliband, le chef de l'opposition travailliste qui l'a accusé mardi d'avoir "fait entrer un criminel dans le coeur du dispositif de Downing Street".

La soeur d'une des victimes des écoutes, Milly Dowler, une collégienne assassinée en 2002, a aussi mis David Cameron sous pression en lui demandant "de tenir sa promesse d'effectuer un réel changement" dans la régulation de la presse, "afin que tout ce qui nous est arrivé ne se reproduise plus".

En juillet 2011, Rupert Murdoch avait dû fermer précipitamment le NotW, après la révélation que le téléphone portable de Milly Dowler, une jeune fille disparue et finalement retrouvée assassinée, avait été mis sur écoute par le journal.

Rupert Murdoch n'a pas immédiatement réagi au verdict.

Mardi soir, le Guardian révélait que l'année dernière Scotland Yard avait demandé à questionner le magnat des médias. Les détectives britanniques avaient finalement accepté la demande des avocats de Murdoch d'attendre la fin du procès, a rapporté le quotidien.

La condamnation d'Andy Coulson ne mettra pas pour autant fin à cette saga judiciaire.

La division qui chapeaute les journaux britanniques du groupe Murdoch, désormais rebaptisée "News UK", et ses dirigeants pourraient aussi être rattrapés par la justice.

Onze autres procès impliquant 20 journalistes - retirés ou en poste -, du "Sun" et de "NotW", devraient se dérouler dans les prochains mois à Londres. Ils ont tous niés les accusations.

En Ecosse également, Andy Coulson et deux autres journalistes de NotW seront aussi jugés pour écoutes illégales.

Au civil, "News UK" a déjà été condamné à verser des indemnités à 179 victimes d'écoutes illégales.

sds/gj/ros

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