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Detroit viole les droits de ses pauvres en leur coupant l'eau (experts Onu)

25/06/2014 01:51 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Des experts de l'ONU ont accusé mercredi la ville de Detroit, berceau américain de l'automobile en faillite, de violer les droits de l'homme en coupant l'eau à des milliers d'habitants qui ne s'acquitter de leurs factures.

Detroit, qui est devenue en juillet la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite, a commencé à couper l'eau à tous les ménages qui n'ont pas payé leurs factures depuis deux mois, ont souligné les trois experts.

La ville, qui ne s'est pas relevée de la crise immobilière et de la récession qui a frappé les Etats-Unis à partir de 2008, prive d'eau environ 3.000 clients chaque semaine et 30.000 ménages peuvent s'attendre au même sort dans les mois qui viennent, ont-il ajouté.

"Couper l'eau, parce qu'on n'a pas pu payer faute de moyens, est une violation du droit de l'homme à un accès à l'eau et d'autres droits de l'homme internationaux", ont-ils souligné, en exigeant que les ménages touchés soient "immédiatement reconnectés" au réseau de distribution.

Les experts ont indiqué qu'ils pouvaient comprendre que l'on coupe l'eau à quelqu'un qui refuse de payer alors qu'il en a les moyens, mais à Detroit, où le chômage est endémique et la pauvreté plus répandue que jamais, l'accès à l'eau n'est tout simplement plus dans les moyens d'une partie importante de la population.

"Quand il y a une réelle incapacité à payer, les droits de l'homme interdisent tout simplement de couper" l'eau, a souligné Catarina de Albuquerque, une experte des Nations unies en matière d'accès à l'eau et à des installations sanitaires.

Elle a interpellé le gouvernement fédéral américain pour qu'il protège de ces coupures les familles pauvres et a demandé à Washington de mettre en place des règles pour garantir un accès à l'eau et aux installations sanitaires.

Leilani Farha, spécialiste du logement, a pour sa part souligné les conséquences dramatiques et inattendues de ces coupures d'eau. Ainsi, des enfants sont éloignés de leur famille par les services sociaux, parce que leur logement ne dispose plus d'eau courante et que les conditions de vie sont jugées insalubres.

"Si ces coupures d'eau frappent plus particulièrement la population noire américaine, elles pourraient fort bien se révéler discriminatoires et contraires aux traités ratifiés par les Etats-Unis", a-t-elle ajouté.

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