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Côte d'Ivoire: le procès de Gbagbo serait "une catastrophe judiciaire" pour la CPI, prédit son parti

25/06/2014 01:33 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Un procès de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo pour crimes contre l'humanité serait l'"assurance d'une catastrophe judiciaire" pour la Cour pénale internationale (CPI), a prévenu mercredi le chef de son parti, pour qui les poursuites peuvent encore être suspendues.

Après plusieurs années d'enquête et d'incarcération à La Haye pour l'ancien chef de l'Etat, la chambre préliminaire de la CPI a confirmé le 12 juin quatre charges contre lui et l'a renvoyé en procès devant une chambre de première instance.

Son parti, qui a fait de sa libération son crédo, mise sur l'improbable réussite d'un appel des avocats de M. Gbagbo contre cette décision de confirmation des charges.

Pascal Affi N'Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI, pro-Gbagbo), a dénoncé une CPI hostile à l'ex-président, capable de "construire une réalité fausse contraire à la réalité historique" afin de "justifier ses allégations".

Dans ces circonstances, "il serait terriblement risqué pour la Cour d'engager un procès sur des bases aussi fragiles", a averti M. N'Guessan lors d'un point de presse.

Ce procès serait l"'assurance d'une catastrophe judiciaire et de la perte de crédibilité des institutions de la CPI", a-t-il asséné.

Premier ex-chef d'Etat poursuivi devant la CPI, Laurent Gbagbo, 69 ans, est accusé d'avoir "ordonné, sollicité, encouragé ou contribué de toute autre manière" à l'accomplissement de quatre crimes contre l'humanité, à savoir meurtres, viols, actes inhumains et persécutions.

Ces crimes présumés ont été commis durant la crise meurtrière née de son refus de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, et qui a fait plus de 3.000 morts.

M. Gbagbo assure quant à lui avoir été évincé du pouvoir en faveur de son rival en raison d'un complot fomenté par la France, ancienne puissance coloniale en Côte d'Ivoire.

Arrêté en avril 2011 par les forces pro-Ouattara appuyées par la France et l'ONU, Laurent Gbagbo avait été transféré à La Haye en novembre 2011.

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