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Cristina de Bourbon, soeur du roi d'Espagne, emportée par le scandale

25/06/2014 04:53 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Blonde et souriante, coiffée d'un diadème en diamant le jour de son mariage ou en tailleur strict de femme active, elle a longtemps donné l'image lisse d'une princesse moderne. Rattrapée par la justice, Cristina de Bourbon, soeur du roi d'Espagne, pourrait un jour faire face à un tribunal.

Nouveau rebondissement dans le scandale qui a éclaté en 2011 avec l'inculpation d'Iñaki Urdangarin, son mari, soupçonné de détournement de fonds publics, le juge José Castro a confirmé mercredi la mise en examen de Cristina.

Quelques mois plus tôt, le 8 février, devant le magistrat qui l'interrogeait, l'infante avait tenté une "stratégie de l'amour", clamant sa confiance aveugle dans son mari.

"Elle a toujours vécu dans son monde. Jusqu'à une date récente, elle se sentait intouchable", soulignait Abel Hernandez, écrivain spécialiste de la Couronne espagnole.

Longtemps, l'image de la famille a fait le régal des médias: l'infante, épanouie aux côtés de son mari, grand et sportif, et de leurs quatre enfants aux airs de petits princes blonds, en vacances dans le palais d'été royal de Marivent, aux Baléares.

"Comme tous les membres de la Famille royale, c'est une personne cordiale, éduquée, agréable, elle parle de manière directe, normale", se souvient Ana Romero, journaliste spécialiste de la Maison royale.

Mais le miroir se brise lorsque le 29 décembre 2011, le juge Castro, du tribunal de Palma de Majorque, met en examen Iñaki Urdangarin.

Au fil des mois, les soupçons se font plus menaçants. Après avoir échappé au printemps 2013 à une première inculpation pour trafic d'influence, Cristina, Federica de Bourbon et de Grèce, à présent âgée de 49 ans, sera mise en examen pour fraude fiscale et blanchiment d'argent.

Depuis deux ans et demi, l'infante et son époux ont disparu des activités officielles de la famille. Ce 19 juin, Cristina était la grande absente lors de la cérémonie de prestation de serment de son jeune frère, le roi Felipe VI.

"Son image s'est évidemment détériorée. Les Espagnols ont placé sur elle et son mari toute la frustration qu'ils ressentent face aux affaires de corruption", remarquait Ana Romero.

- Unis face au scandale -

Née le 13 juin 1965 à Madrid, réputée enfant turbulente de la famille, Cristina passe une licence de Sciences politiques en 1989 à la prestigieuse Université Complutense de Madrid, avant de poursuivre ses études à New York.

Son engagement humanitaire la mène au poste de directrice du département social de la Fondation La Caixa, à Barcelone, et de présidente d'honneur de la Commission espagnole de l'Unesco.

Sportive, aimant le ski, passionnée de voile, elle rencontre son futur époux aux jeux Olympiques d'Atlanta, en 1996: Iñaki Urdangarin joue alors dans l'équipe espagnole de handball, médaillée de bronze.

Elle-même avait participé aux Jeux de Séoul en 1988, comme membre de l'équipe de voile et porte-drapeau de la délégation espagnole.

"Elle a un goût extrême pour la compétition, elle est obstinée", disait d'elle l'écrivain britannique Andrew Morton dans un livre consacré aux femmes de la Famille royale espagnole.

Le mariage entre l'infante et l'élégant sportif sera célébré le 4 octobre 1997 en la cathédrale Sainte-Eulalie de Barcelone. Le roi Juan Carlos offre alors le titre de duchesse de Palma à sa fille, aujourd'hui sixième dans l'ordre de succession au trône.

Le couple aura quatre enfants, nés entre 1999 et 2005: Juan Valentin, Pablo Nicolas, Miguel et Irene. En 2009, tous déménageront à Washington, où Iñaki Urdangarin est nommé conseiller chez le géant espagnol Telefonica.

Rattrapée par la tempête judiciaire, la famille reviendra s'installer à Barcelone en août 2012. Offrant un front uni malgré le scandale, le couple vit depuis 2013 avec ses enfants en Suisse, où l'infante est partie travailler pour la Fondation La Caixa.

Et dans le bureau du juge, qui en février l'interrogeait sur sa coopération présumée avec les activités délictueuses de son époux, elle n'a cessé de répéter, "Je ne sais pas. Je ne suis pas au courant. C'est mon mari qui s'occupait de cela".

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