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Corse: le groupe indépendantiste FLNC annonce qu'il dépose les armes

25/06/2014 04:52 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), un groupe indépendantiste créé en 1976, a annoncé mercredi son intention de déposer les armes et de sortir "progressivement de la clandestinité".

Dans un communiqué de 14 pages, authentifié par le mensuel Corsica, la principale organisation clandestine armée de l'île annonce avoir "décidé, unilatéralement, d'enclencher un processus de démilitarisation et une sortie progressive de la clandestinité".

L'organisation, dont le sigle est apparu le 6 mai 1976 après une première "nuit bleue" (série d'attentats), avait déjà et à plusieurs reprises annoncé des trêves, mais c'est la première fois qu'elle parle de déposer les armes.

"L'heure est venue pour notre organisation d'intensifier la lutte dans un cadre public", annoncent les auteurs du texte.

Depuis sa création, le FLNC revendique la reconnaissance des "droits nationaux du peuple corse", notamment la citoyenneté, la langue et la culture, un "dispositif législatif intégral" et la libération des "prisonniers politiques".

Le FLNC, qui a revendiqué plusieurs milliers d'attentats, a toujours affirmé épargner les vies humaines. Toutefois, neuf policiers ou gendarmes ont été tués en 34 ans.

Clandestin depuis sa dissolution de 1983, le FLNC a subi une double scission en 1989 et 1990 et une guerre fratricide jusqu'en 2001, et s'est transformé en une nébuleuse, qui cependant signe toujours "FLNC".

Dans son communiqué publié mercredi, le FLNC salue les résolutions prises depuis un an par l'Assemblée de Corse, comme celle portant sur un statut de résident, destiné à enrayer la spéculation foncière et immobilière. "Il s'agit d'un pas courageux, plein d'espoir et confiant en l'avenir de notre peuple", déclare le texte.

- 'une solution politique'-

Le FLNC énumère "les enjeux majeurs" qui devraient selon lui être traités dans le cadre d'"une solution politique": "langue corse, fiscalité, foncier, compagnie maritime corse, statut de résident, révision constitutionnelle, développement économique et social".

"Nous passons d'une phase de combat et de résistance à une phase de construction d'un véritable pouvoir politique corse", déclare le communiqué.

"L'instauration d'une citoyenneté corse, prélude d'une nationalité pleine et entière, doit permettre une véritable corsisation des emplois", estime le FLNC.

"Il appartient au mouvement de libération de populariser un projet indépendantiste prenant en compte ces questions et d'occuper tous les terrains politiques, associatifs et syndicaux afin de faire vivre la nation sans attendre", ajoute-t-il.

L'organisation demande "solennellement" à tous les politiques représentant l'île au niveau national "d'entreprendre (...) le règlement de la question des prisonniers et recherchés politiques".

La décision du FLNC intervient quelques jours après une visite du ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, dont les propos avaient largement déçu dans l'île. Le ministre avait opposé une fin de non-recevoir aux réformes institutionnelles votées par l'Assemblée de Corse, provoquant une levée de boucliers des milieux politiques insulaires.

Dans son texte, le FLNC s'en prend de manière virulente à l'Etat français, qui selon lui "a organisé une féroce répression orientée exclusivement contre le mouvement national et notre organisation".

"Les différents gouvernements français ont délibérément laissé proliférer et s'enraciner des groupes mafieux qui n'ont pas manqué d'en profiter pour mettre la société corse en coupe réglée", déclare le groupe nationaliste.

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