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USA: le Tea Party en quête d'un trophée mardi lors de primaires républicaines

24/06/2014 11:02 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

La classe politique américaine avait les yeux rivés mardi sur la primaire sénatoriale républicaine de l'Etat du Mississippi, dans le sud, où un candidat du Tea Party de 41 ans espère déboulonner le sénateur sortant, élu depuis 1978.

La mouvance ultra-conservatrice, anti-Etat et anti-impôt, cible dans tout le pays des élus sortants qu'elle accuse de s'être trop acoquinée avec les lobbies et le pouvoir de Washington, et de ne plus représenter l'orthodoxie budgétaire conservatrice.

Le sénateur républicain du Mississippi Thad Cochran, 76 ans, a perdu de justesse le premier tour de la primaire, le 3 juin, face à Chris McDaniel, un élu local qui a reçu le soutien financier des organisations nationales du Tea Party. Le second tour a lieu mardi.

"Nous y sommes presque, mes amis. Secouons Washington demain!", a écrit sur sa page Facebook Chris McDaniel.

Il est soutenu par quantité de personnalités de la droite chrétienne et du Tea Party, notamment la candidate à la vice-présidence en 2008 Sarah Palin, ainsi que par les animateurs conservateurs Mark Levin et Laura Ingraham, écoutés à la radio par des millions d'Américains tous les jours.

En face, l'establishment républicain et des organisations proches du patronat se sont mobilisés pour sauver l'un des leurs. Le sénateur John McCain est personnellement venu faire campagne lundi pour Thad Cochran.

L'élection, dont l'issue est incertaine, illustre la guerre que se livrent les républicains traditionnels et leur turbulente aile droite depuis 2010. Depuis le début de la saison des primaires 2014, la plupart des républicains sortants ont gagné face aux candidats du Tea Party, à l'exception notable du numéro deux de la Chambre, Eric Cantor, défait à la surprise générale le 10 juin.

"M. Cochran représente l'approche traditionnelle des sénateurs du sud envers le travail parlementaire", analyse le politologue John Hudak, de l'institution Brookings. Grâce à leur ancienneté, leurs relations et leur poids institutionnel, "ils ont obtenu des financements fédéraux substantiels pour leurs Etats, des bénéfices substantiels dont ils s'attribuent ensuite le mérite".

"M. McDaniel est un républicain très différent. Pour lui, les dépenses fédérales, quel qu'en soit le destinataire, représentent le problème, pas la solution", écrit le chercheur.

D'autres primaires sont organisées dans six autres Etats. Les élections législatives de mi-mandat auront lieu le 4 novembre.

ico/are

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