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USA: le système automatisé du Boeing d'Asiana incompris des pilotes (NTSB)

24/06/2014 11:36 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Les pilotes du Boeing 777 de la compagnie sud-coréenne Asiana, qui s'était écrasé à San Francisco l'an dernier, dépendaient trop de systèmes automatisés qu'ils ne comprenaient pas, a estimé mardi le chef de l'agence américaine de sécurité des transports (NTSB).

"Le Boeing 777 est l'un des appareils les plus sophistiqués et automatisés en service", a souligné le président par intérim de la NTSB, Christopher Hart, lors d'une audition au Congrès destinée à déterminer les raisons de l'accident.

Et "plus le système automatisé est compliqué, plus c'est un défi de s'assurer que les pilotes le comprennent correctement", a-t-il ajouté.

"Dans ce cas précis, les membres d'équipage ont trop compté sur des systèmes automatisés qu'ils ne comprenaient pas entièrement. Et c'est comme cela qu'ils ont fait voler l'appareil trop lentement et que celui-ci a percuté une digue au bout de la piste d'atterrissage", a-t-il expliqué.

Le chef des enquêteurs Bill English a indiqué qu'Asiana insistait pour que "l'automatisation soit utilisée au maximum" par ses pilotes, comme l'utilisation de pilotes automatiques quand l'appareil est pourtant à une basse altitude (330 mètres).

Or "les compétences d'un pilote se dégradent quand elles ne sont pas mises en pratique", a relevé M. English.

Le pilote du Boeing accidenté, Lee Kang-Kuk, réalisait son premier vol opérationnel à bord d'un Boeing 777 et volait avec comme co-pilote un instructeur, qui lui-même était formateur pour la première fois.

Un autre membre de la NTSB, Robert Sumwalt, ancien pilote, a mis pour sa part en doute le fait que l'accident ait été dû à la compétence de l'équipage. "Le pilote s'attendait à ce que l'avion fasse quelque chose pour lui qu'il n'était pas sensé faire", et "cela est sans doute plus répandu qu'on ne le pense".

Début avril, la compagnie Asiana avait affirmé qu'une erreur de pilotage était "probablement" la cause de l'accident.

"L'incapacité de l'équipage à surveiller et maintenir une vitesse aérienne minimale lors de l'approche finale est la cause probable de cet accident", avait déclaré Asiana dans un communiqué.

Le 6 juillet, le vol 214 d'Asiana Airlines, en provenance de Séoul, s'était écrasé à l'aéroport de San Francisco après que la queue de l'appareil eut heurté une digue séparant la piste d'atterrissage d'un plan d'eau.

L'avion transportait au total 307 personnes. L'accident avait fait 200 blessés et trois morts, dont une adolescente chinoise qui avait survécu au crash mais avait été écrasée par un camion de pompiers pendant les opérations de secours.

rom/are/sam

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